Le 27 janvier, la Commission européenne a annoncé avoir finalisé ses négociations avec l’Inde sur l’accord de libre-échange en discussion depuis 2007. Celui-ci devrait permettre de doubler les exportations de biens de l’UE vers l’Inde d’ici à 2032, via la réduction ou la suppression complète des droits de douane, notamment pour les produits agroalimentaires. Cela concernera notamment les vins et spiritueux ou des produits transformés comme le pain. Les droits de douane pour les produits « les plus sensibles », comme le sucre, resteront néanmoins en vigueur. Une victoire pour ces filières (parmi lesquelles figurent également le blé tendre, la viande bovine ou l’éthanol) obtenue dans la dernière ligne droite des discussions, le dossier agricole ayant été l’un des points de friction entre Bruxelles et New Delhi. « Au cœur de ces négociations, il y avait la maximisation de nouvelles opportunités pour nos produits européens sans égal, tout en protégeant les agriculteurs européens », explique Christophe Hansen, le commissaire européen à l’agriculture. Dans un communiqué diffusé dans la foulée, le Copa-Cogeca « salue les efforts déployés par la Commission pour garantir que l’ouverture du marché ne se fasse pas au détriment de la résilience agricole ».

« le producteur de sucre le plus déstabilisateur »

Ce traité, qualifié de « plus grand accord de libre-échange jamais conclu par l’une ou l’autre partie » par Maroš Šefčovič, commissaire européen au commerce, avait en effet suscité de vives inquiétudes dans le secteur agricole, notamment pour la filière sucre. Une étude réalisée conjointement par l’Association de recherche technique betteravière (ARTB) et le cabinet ABCIS pour le compte du ministère de l’Agriculture, alertait ainsi sur les risques posés par cet accord et les larges capacités d’exportations de sucre par l’Inde. « Les sucreries ayant besoin de maintenir un seuil de production minimum afin d’être rentables, des importations indiennes additionnelles menaceraient des bassins de production entiers », prévenaient les auteurs de l’étude. Des craintes justifiées, selon la Confédération internationale des producteurs européens de betteraves (CIBE), l’Association européenne des fabricants de sucre (CEFS) et le groupe ACP/LDC Sugar Industries, qui s’expriment dans un communiqué commun : « le régime sucrier indien a été condamné par l’Organisation mondiale du commerce, qui l’accuse d’octroyer des subventions tant sur le marché intérieur que sur les exportations. L’Inde demeure le producteur de sucre le plus déstabilisateur sur le marché mondial. Il est donc logique et opportun d’exclure le sucre de cet accord. »

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