La CCSSOM projette la création d’une chaufferie de biomasse destinée à alimenter les établissements publics et les entreprises de la ville de Sézanne. D’une puissance de 3,7 MW, l’installation couvrirait 7 000 MWh par an et pourrait entrer en service en 2028.
Pour fonctionner, le réseau de chaleur nécessitera la production annuelle de 180 hectares de miscanthus sur le territoire. « L’objectif est de mettre en place une filière pérenne et rémunératrice et de co-construire un prix d’achat entre les agriculteurs, les constructeurs et la collectivité », précise Clémence Besnard, conseillère à la Chambre d’agriculture de la Marne.
Une culture coûteuse mais subventionnable
Pour mener à bien son projet, la CCSSOM a besoin d’agriculteurs partenaires. Le principal frein au développement du miscanthus reste le coût de l’implantation, compris entre 3 000 à 4 000 euros/ha s’il est réalisé à partir de rhizomes.
Dans les filières déjà structurées, le coût actuel de la récolte du miscanthus se situe entre 110 à 120 €/t de matière sèche (MS). Pour le projet sézannais, l’étude économique table sur un prix d’achat compris entre 150 et 170 €/t de MS (base 17 % d’humidité).
Autre paramètre important : le stockage du miscanthus. La collectivité mise sur le stockage en ferme ou sur des zones intermédiaires proches, mais aussi sur la possibilité d’un stockage à proximité immédiate de la chaudière pour en assurer l’approvisionnement régulier.
Cette culture, classée bas niveau d’intrants (BNI), bénéfice d’importants soutiens financiers (à condition que la parcelle se situe en aire d’alimentation de captage AAC) : subventions financées par l’agence de l’eau Seine-Normandie (AESN) pouvant atteindre 50 % de l’investissement (à partir de 3 ha), financement possible d’un bâtiment de stockage dédié au miscanthus, dans le cadre d’un projet individuel ou collectif (deux exploitations au minimum), et enfin aide IPAGE couvrant 30 à 40 % de l’achat de matériel spécifique, plafonnée à 100 000 € des dépenses éligibles.
À travers ce projet, la collectivité souhaite réduire sa dépendance au gaz, améliorer le revenu agricole et répondre aux exigences réglementaires concernant les aires d’alimentation de captage.
L’investissement total du réseau de chaleur est estimé entre 7,6 et 8,1 millions d’euros selon les combustibles retenus (miscanthus, biomasse, plaquettes de bois, etc.). La CCSSOM pourrait bénéficier d’environ 3,4 millions d’euros de subventions provenant de l’AESN et des Certificats d’économies d’énergie.


