En 2021-2023, les céréaliers ont réalisé des exercices comptables exceptionnels. La trésorerie dégagée a permis à certains d’entre eux de solder les prêts à court terme souscrits les campagnes passées. Et à d’autres, d’avoir les moyens financiers de pratiquer des déductions pour épargne de précaution (DEP), car le fonds de roulement de leur exploitation était suffisant pour financer leur prochaine campagne. Dans l’idéal, ce dernier doit être équivalent aux charges d’une campagne de cultures. Mais ces deux trois dernières années, les résultats économiques des scopeurs se sont effondrés. Pour rééquilibrer leurs comptes, ils ont la possibilité de réintégrer une partie ou la totalité des DEP pratiquées les exercices passés. Ils lissent ainsi leurs prélèvements obligatoires. « Cette réintégration peut être exonérée d’impôt sur le revenu à hauteur de 30 % lorsque les sommes sont débloquées sur un exercice où ils ont fait jouer l’assurance aléas climatiques », explique Clément Bizouard, Expert-comptable chez Bizouard & Associé, membre du réseau AgirAgri. Mais si, pour une raison ou une autre, un agriculteur n’a pas pratiqué de DEP et ne dispose pas du fonds de roulement nécessaire pour financer ses intrants, souscrire un prêt de campagne est une option. À condition que la situation financière de son exploitation le lui permette. Sinon, « la loi de finances pour 2026, adoptée le 2 février dernier, acte la prolongation du dispositif de prêts structurels (jusqu’à 600 000 € sous conditions) à long terme (maximum 12 ans), octroyés par les établissements bancaires et adossés à une garantie publique de 70 %, déployée par Bpifrance », souligne l’expert-comptable. Par ailleurs, certaines régions comme l’Île-de-France, accordent des aides aux céréaliers en difficulté. Les années de sécheresse ou de calamités, la MSA propose aussi aux exploitants agricoles en difficulté des remises de cotisations ou des aides aux paiements cotisations.

Plan d’étalement pluriannuel

Si un céréalier très endetté se rend compte qu’il n’a pas les moyens de financer sa campagne et de faire face à ses échéances, pourquoi ne pas envisager le règlement amiable agricole.