Les planteurs de betterave redoutent le pire pour cette nouvelle campagne. L’Institut technique de la betterave (ITB) avait déjà communiqué, le 9 avril, sur la présence de pucerons dans des parcelles semées avant le 10 mars. Une semaine plus tard, le 15 avril, c’est au tour de la Confédération générale des planteurs de betterave (CGB) de tirer la sonnette d’alarme. « Les températures estivales de ce début avril, bien au-dessus de la normale, ont favorisé l’arrivée massive et précoce des pucerons verts, vecteurs de la jaunisse virale » dans « une majorité de région betteravières », indique ainsi le syndicat, par voie de communiqué. Une situation qui contraint les planteurs à traiter des betteraves à peine sorties de terre, au stade deux feuilles. Une « aberration » dénoncée par la CGB, qui appelle les pouvoirs publics à faire évoluer la loi française, pour permettre aux producteurs d’avoir accès à des moyens de lutte efficaces, à savoir la flupyradifurone en enrobage de semences, et l’acétamipride en aspersion.
Des sujets abordés dans la loi d’urgence ?
Pour l’heure, le Gouvernement semble s’opposer à l’intégration de ces enjeux à la loi d’urgence agricole, comme le demande le sénateur Duplomb, auteur d’une nouvelle proposition de loi à ce sujet. « La précocité et l’ampleur des invasions de pucerons nous inquiètent beaucoup. Sans moyen de lutte efficace contre ces fortes invasions, c’est toute la filière sucrière française qui est en péril », plaide Franck Sander, le président de la CGB.
En 2020, la jaunisse avait causé des pertes allant jusqu’à 70 % dans certaines régions, et une baisse de rendement de l’ordre de 30 % au niveau national.


