Hausse du coût des engrais, moyens de lutte contre la jaunisse, régulation du marché du sucre, … Le 25 mars, Franck Sander, a abordé de nombreux sujets lors de son audition par les députés de la commission économique. L’occasion, pour le président de la Confédération générale des planteurs de betterave (CGB), de revenir sur les attentes et les préoccupations des planteurs. Alors que les surfaces sont attendues en baisse de 7 % cette année, celui-ci n’a pas caché son inquiétude quant à l’avenir de la filière. « Nous sommes à 370 000 hectares cette année, contre 470 000 en 2017, à la fin des quotas. Il suffirait que le prix des céréales augmente de 20 % pour que nous descendions à 300 000 hectares et que nous devions fermer 5 sucreries, et pas que des petites, prévient-il, en appelant à se « reprendre collectivement pour redonner confiance » aux planteurs.
Les moyens de production au cœur des échanges
Sans surprise, les enjeux du prix des engrais et, surtout, de l’accès à l’acétamipride et la flupyradifurone, ont fait l’objet de nombreuses questions de la part des députés, à droite comme à gauche de l’échiquier. « Nous nous trouvons aujourd’hui face à des impasses techniques, qui nous font perdre des rendements, indique Franck Sander, selon qui les alternatives identifiées et testées par la recherche ne « tiennent pas la route ». Le président de la CGB regrette ainsi le fait que « à ce stade, le Gouvernement ne (veuille) pas parler d’acétamipride », dans le projet de loi d’urgence, qui doit être examinée en Conseil des ministres durant la première quinzaine d’avril. « Je rappelle par ailleurs qu’en Allemagne, une nouvelle maladie transmises par les cicadelles cause des problèmes de SBR et de Stolbur. Cette maladie arrive en Alsace, souligne Franck Sander. Or, un des seuls moyens de lutte existant est l’acétamipride, il n’existe donc aucun produit aujourd’hui en France pour y faire face. »
L’avis du Conseil constitutionnel, sur la nouvelle proposition de loi Duplomb, est pour sa part attendue de manière imminente.
Gestion des marchés et bioéthanol
Enfin, alors que l’UE vient de signer un nouvel accord de libre-échange, avec l’Australie, suscitant encore colère et inquiétude, le président de la CGB insiste sur l’enjeu de la régulation des marchés, en regardant notamment du côté du bioéthanol. « Nous avons cette force de pouvoir aider à la décarbonation du parc automobile. Nous pourrions imaginer augmenter le taux d’incorporation de 2 à 3 % pour assainir les marchés, en ayant recours à de l’éthanol importé, et ne plus être dépendant des importations de pétrole des pays du Golfe. Nous devons être plus habiles, pour davantage nous protéger. » Le président de la CGB indique que son syndicat attend beaucoup de la révision de l’Organisation commune des marchés (OCM), avec notamment la fixation d’un prix d’intervention du sucre (modalité à laquelle s’oppose la Commission européenne), mais aussi réfléchir à demander un couplage des aides pour la betterave, dans le cadre de la Pac, comme cela se fait déjà en Pologne.


