Alors que les premiers arrachages débutent, la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves) a organisé, le 17 septembre, une visite de terrain en Seine-et-Marne, en présence du préfet Pierre Ory, pour montrer la gravité des dégâts causés par une sécheresse exceptionnelle et plusieurs épisodes de canicule.

Dans de nombreuses régions betteravières – notamment l’Aube, l’Yonne, la Champagne, l’Île-de-France, l’Oise, le Centre-Val de Loire, l’Alsace et l’Eure – les betteraves ont subi un stress climatique exceptionnel, avec un impact inédit sur leur développement et leur état sanitaire.

Dans les parcelles touchées, les effets de la sécheresse sont marquants : dessèchement du feuillage, disparition de couronnes de feuilles, développement perturbé des racines. Ces stress climatiques ont généré une forte pression des ravageurs.

« La betterave a dû fonctionner en mode survie tout l’été, mais, dans plusieurs parcelles, elle n’y parvient plus. Ce que nous constatons aujourd’hui dans ce champ ravagé est extrêmement préoccupant, d’autant que la pluie n’est toujours pas annoncée. Localement, les pertes de rendement atteignent 70 %. Encore plus grave, des planteurs vont tout perdre car des milliers d’hectares ne seront pas récoltés », témoigne Cyrille Milard, planteur en Seine-et-Marne et président de la CGB Île-de-France.

Perte de 30 % de la production au niveau national

Les dernières estimations disponibles font état d’une perte de 30 % de la production au niveau national, soit une perte de valeur de l’ordre d’un milliard d’euros pour l’ensemble de la filière.

La CGB demande des réponses à la hauteur de cette situation exceptionnelle :

– Aux groupes sucriers : la récolte et la réception du maximum de betteraves, par tous les moyens ;

– Aux assureurs : une indemnisation juste et rapide des betteraviers ayant souscrit une assurance climatique ;

– À l’État : un plan de sauvegarde pour les planteurs de betteraves, afin de préserver la trésorerie des exploitations et permettre la poursuite de l’activité ; une politique ambitieuse d’accès à l’eau ; et le renforcement de la boîte à outils phytosanitaires, notamment avec la dérogation concernant le flupyradifurone pour les semis 2027.

« Six ans après la crise de la jaunisse, notre filière doit à nouveau faire face à un choc majeur. Les premiers constats sont suffisamment alarmants pour que les pouvoirs publics prennent immédiatement la mesure de la situation. Face à cette épreuve inédite, la solidarité est le maître-mot : solidarité de l’État et solidarité au sein de notre filière, pour affronter cette crise collectivement », déclare Franck Sander, président de la CGB.