jeudi 21 mars 2019
Plus de 300 planteurs, salariés et hommes politiques ont manifesté le 1er mars à Eppeville. Plus de 300 planteurs, salariés et hommes politiques ont manifesté le 1er mars à Eppeville. ©A.C.

Eppeville : planteurs et élus combatifs pour sauver la sucrerie

Près de 300 planteurs, salariés et hommes politiques sont venus le 1er mars manifester à Eppeville (Somme), contre le projet de fermeture de la sucrerie. Ils espèrent infléchir la décision du groupe allemand, Südzucker. Un rendez-vous est programmé mi-mars entre la CGB et la direction du sucrier.

Malgré un temps froid et pluvieux, les planteurs et personnalités politiques sont venus nombreux le 1er mars, pour exprimer leur colère. A l’appel de la CGB, plus de 300 personnes selon la police, se sont donné rendez-vous pour refuser le projet de fermeture de la sucrerie d’Eppeville (Somme), décidé par la maison mère de Saint Louis Sucre, le groupe allemand Südzucker.

Parmi les soutiens politiques présents, figuraient Marie-Sophie Lesne, vice-présidente du Conseil régional des Hauts de France, Gilles Lebreton député européen, Jean-Claude Leclabart, député de la Somme, Julien Dive, député de l’Aisne et Jérôme Bignon, sénateur de la Somme.

« Entre 2014 et 2016, Saint Louis Sucre a bénéficié de 8,8 millions d’euros de subvention dans le cadre du CICE. Cet argent n’était pas un don mais de l’argent du contribuable pour maintenir l’emploi et la compétitivité sur le territoire national. Il est inadmissible que l’usine ferme », a lancé Marie-Sophie Lesne, en tribune. Même colère de la part du député européen Gilles Lebreton, qui a promis de soulever le problème publiquement au Parlement européen le 11 mars.

Selon Saint Louis Sucre, le site d’Eppeville compte 132 salariés, dont 23 au titre des services centraux. Il est approvisionné par 1 268 planteurs.

Réflexions sur des alternatives

De nombreux représentants syndicaux se sont aussi succédés en tribune. Pour le président de la CGB Somme, Dominique Fievez, des solutions existent pour maintenir l’activité de l’usine. « Nous avons la chance d’avoir une distillerie à Eppeville. On ne produit que 200 000 hectolitres. Mais on pourrait aller jusqu’à 800 000 hectolitres, d’autant que l’éthanol a le vent en poupe aujourd’hui », a-t-il lancé. Le président de la Chambre d’agriculture des Hauts-de-France est également venu apporter son soutien au combat des planteurs. « Cette sucrerie est une des plus modernes d’Europe, il est inadmissible qu’on la ferme », a déclaré Christophe Buisset. Pour lui, « Il faut que le monde paysan aille plus loin et investisse dans les moyens de transformation. SI nous étions à la gouvernance de l’usine, serions-nous là aujourd’hui ? Je ne le pense pas », a-t-il insisté. En Normandie, « les planteurs sont prêts à mettre de l’argent pour reprendre l’usine », a déclaré Patrick Dechaufour, président de la CGB Calvados, Orne et Sarthe, venu apporter son soutien aux planteurs d’Eppeville. Mais pour l’heure, malgré la réflexion de certains planteurs, Südzucker n’entend pas vendre ses usines françaises.

La pression politique et syndicale française fera-t-elle infléchir le groupe ? « J’arrive confiant du Salon de l’agriculture. Nous avons rencontré tous les principaux hommes politiques français, notamment Emmanuel Macron, pour les alerter sur le sujet. Le dossier est en haut de la pile du gouvernement », a affirmé Franck Sander, le président de la CGB. Une rencontre est d’ores et déjà prévue avec le délégué interministériel entre le ministère de l’Economie et celui de l’Agriculture dans les prochains jours. Mais, surtout, un rendez-vous a été obtenu avec les dirigeants du groupe allemand Südzucker, mi-mars. Il aura lieu, en France, à Strasbourg et non pas au siège de Südzucker, à Mannheim (Allemagne). Franck Sander veut croire à un bon présage.

Adrien Cahuzac, à Eppeville (Somme).

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Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.