vendredi 16 novembre 2018

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Phytosanitaires - Phyteurop mise sur son glyphosate "vert"

Avec son nouvel herbicide Buggy Greenline, le groupe d’agrofournitures souhaite capter 20 % du marché du glyphosate en France d’ici deux ans. Il ambitionne de vendre également ce produit composé d’adjuvants biosourcés dans d’autres pays européens.

Le glyphosate tel qu’on le connaît aujourd’hui devrait être interdit en France dans 3 ans, selon le souhait d’Emmanuel Macron. Pourtant, Phyteurop espère que son nouvel herbicide “Buggy Greenline” pourra échapper à cette interdiction. « Il devrait y avoir des dérogations », insiste Philippe Hamelin, le directeur général de Phyteurop. Depuis près d’un an, le groupe, racheté en septembre 2017 par Sofagri (propriété de 25 coopératives dont InVivo, Seveal et Axereal et une vingtaine de coopératives), commercialise un nouveau concept d’herbicide, breveté et qualifié officieusement de glyphosate “vert”. Lancé en 2017, “Buggy Greenline” a été mis au point en collaboration avec le centre de recherche ARD, basé à Pomacle (Marne). Dix ans de travaux et 1 M€ d’investissement au total ont été nécessaires pour son développement et passer les différentes phases de tests et autorisations de mise sur le marché.

Des extraits de betteraves et de céréales

Son principe ? Composé de glyphosate comme matière active, Buggy Greenline utilise des adjuvants biosourcés, baptisés “Appyclean”, issus d’extraits de betteraves et céréales, pour permettre l’absorption de la substance par la plante. « Cela permet d’augmenter l’efficacité des formulations et d’améliorer la pénétration du glyphosate. Leur origine 100 % végétale leur procure une biodégradabilité totale », a expliqué Boris Estrine, responsable de l’équipe de recherches Wheatoleo à l’ARD. Selon Phytoeurop, cette technologie permet de réduire jusqu’à 30 % les doses de glyphosate utilisées sur certaines adventices. Aujourd’hui, Buggy Greenline pèse déjà 5 % du marché du glyphosate en France, selon Philippe Hamelin. L’objectif est d’arriver à 20 % d’ici 2019-2020. Entre-temps, Phyteurop espère décrocher des autorisations de mise sur le marché dans d’autres pays européens et promet d’utiliser ces adjuvants biosourcés dans d’autres herbicides et des fongicides pour les grandes cultures et la vigne.

Adrien Cahuzac


27 mars 2018

Une année "pivot" pour InVivo

Transformant son modèle économique, le premier groupe coopératif agricole français crée Bioline, une filiale rassemblant ses métiers de l’agriculture innovante et InGrains, une plate-forme numérique d’exportation du grain.

« Nous sommes sur un exercice pivot », a expliqué le 19 décembre Thierry Blandinières, le directeur général du groupe InVivo, pour qualifier les résultats de l’exercice 2016-2017 clos au 30 juin 2017. En résumé : une activité en forte contraction sur les métiers historiques mais une amélioration sensible de la rentabilité. Le chiffre d’affaires a ainsi reculé à 5,5 milliards d’euros, contre 6,4 milliards sur 2015-2016, en raison de « la mauvaise récolte céréalière et de plusieurs opérations de croissance externe non intégrées encore », selon le groupe. Parallèlement, l’Ebitda (bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) a progressé de 15 % à 133,4 millions d’euros, contre 116,2 millions d’euros. Le résultat net s’élève, lui, à 34 millions d’euros, contre 55 millions d’euros l’an passé.

Structurer les nouveaux métiers

« Nous sommes en phase avec les objectifs fixés dans le cadre du plan InVivo 2025. Nous avons franchi l’étape de la structuration de nos métiers », s’est félicité Thierry Blandinières. Le groupe mène depuis 2014 une transformation en profondeur de son modèle économique, avec la création de nouvelles filiales, dans de nouveaux métiers comme le vin et la distribution alimentaire. La dernière en date, “Bioline by InVivo”, regroupe les métiers de son pôle agriculture : les semences, les produits phytosanitaires, les bio-solutions, l’agriculture digitale et l’expertise-conseil. Au total, 20 sociétés issues de 20 pays différents sont consolidées dans cette nouvelle activité. « Nous souhaitons apporter plus de cohérence et de clarté dans notre offre », a expliqué Laurent Martel, le directeur de Bioline by InVivo. L’objectif est d’atteindre 500 millions d’euros de chiffre d’affaires sur cette activité d’ici à 2020, contre 220 M€ aujourd’hui.

Une plate-forme numérique sur l’export du grain

Sur l’activité historique des métiers du grain, InVivo reconnaît qu’il existe de fortes tensions. « La bataille est rude pour vendre du blé français cette année à un prix compétitif. Les pays de la mer Noire ont pris la main sur une partie du marché en 2016. Cela nous fait changer de modèle », a insisté Thierry Blandinières. Une plate-forme numérique dédiée à l’exportation de grains, baptisée “InGrains”, a été lancée depuis la rentrée. Elle propose notamment de mutualiser la marchandise des coopératives via les silos portuaires. Ce nouveau système succède aux contrats historiques d’engagement à prix garanti avec les coopératives. « Avec InGrains, on passe de flux poussés à des flux tirés », estime Stéphane Bernhard, le directeur d’InVivo Trading. Pour InVivo, l’intérêt est de « ne plus porter le risque financier » lié au trading. De quoi, espère le groupe, réduire ses coûts et atteindre plus facilement ses objectifs fixés pour l’horizon 2025 : 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires et un résultat net de 100 millions d’euros. La route semble encore longue…

Adrien Cahuzac


21 décembre 2017
Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.