mercredi 27 mai 2020
De gauche à droite, Frédéric Vienne, président de la Chambre d'agriculture de la Réunion, Benoît Soury, directeur des marchés bio chez Carrefour et Marc Duret, directeur partenariats PME et monde agricole de Carrefour. De gauche à droite, Frédéric Vienne, président de la Chambre d'agriculture de la Réunion, Benoît Soury, directeur des marchés bio chez Carrefour et Marc Duret, directeur partenariats PME et monde agricole de Carrefour. ©A.C.

Carrefour soutient la canne à sucre bio de la Réunion

Le distributeur s’engage à financer à hauteur de 300 000 euros l’émergence d’une filière de canne à sucre bio sur l’île, avec la chambre d’agriculture. Tereos n’est pas partie prenante du projet.

C’est au Salon de l’agriculture, le 25 février, que la chambre d’agriculture de la Réunion et Carrefour ont donné le coup d’envoi à la création d’une filière de canne à sucre bio dans l’île. « Ce sera la première fois dans les Outre-mer qu’un tel projet voit le jour. Cela faisait partie de nos engagements lors des élections aux chambres il y a un an », s’est félicité Frédéric Vienne, le nouveau président de la chambre d’agriculture de la Réunion. Un partenariat a été signé pour créer une filière de A à Z, qui devrait déboucher sur du sucre bio réunionnais dans trois ans. « Déjà deux planteurs travaillent dans les conditions du bio, mais leur production est transformée dans la filière conventionnelle », a détaillé Frédéric Vienne. Après un sondage, la chambre estime pouvoir s’appuyer sur au moins vingt et un planteurs de canne pour mener ce projet. « Cette filière appartiendra aux producteurs réunionnais, ce qui n’est pas le cas des sucreries actuelles », a insisté le président de la chambre, faisant une allusion à peine voilée au groupe Tereos. L’industriel, propriétaire des deux dernières sucreries de l’île, n’est pas partie prenante du projet.

Une future usine

À terme, l’objectif serait de produire 500 tonnes de sucre bio. C’est une goutte d’eau face aux 200 000 t produites en moyenne chaque année à la Réunion, mais cela constitue une première à cette échelle. Le groupe Carrefour s’est engagé à verser 300 000 euros pour aider à la concrétisation du projet. Cela passera par la création d’un itinéraire agronomique, utilisant la mécanisation, puis à l’étude pour construire une petite unité de production. Le lieu n’est pas encore choisi, mais Frédéric Vienne souhaiterait que cela soit dans une ville où une sucrerie a fermé. Le distributeur s’est engagé à acheter un maximum de 40 % de la production de l’usine, pour ne pas lier les producteurs à un seul client. « Nous sommes heureux de participer à la constitution d’une filière qui appartiendra aux planteurs. Nous avons une vraie demande pour du sucre bio et nous ne pouvons pas satisfaire la demande », a expliqué Benoît Soury, le directeur des marchés bio chez Carrefour. La production devrait permettre de réaliser des produits d’épicerie à base de sucre de canne bio comme la confiture bio à marque Carrefour. Le reste devrait être vendu sous forme de sucre vrac.

Adrien Cahuzac

 

 

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