mardi 18 septembre 2018
Dispositif sur lequel les badges piégeant l'ammoniac sont positionnés. Dispositif sur lequel les badges piégeant l'ammoniac sont positionnés. ©ITB

Evamin, un projet pour évaluer la volatilisation ammoniacale

L’agriculture contribue à 98 % des émissions d’ammoniac en France, avec au sein de l’activité agricole, 32% des émissions dues aux apports d’engrais*. Ce projet, mené en collaboration avec Arvalis, l’INRA, l’ITB, le LDAR, Terres Inovia et l’Unifa, a pour but de contribuer à l’amélioration des connaissances sur la volatilisation ammoniacale des engrais minéraux utilisés en agriculture.

Un enjeu pour la production agricole et pour l’environnement

Une meilleure compréhension des phénomènes de volatilisation ammoniacale sera un véritable atout pour ajuster les méthodes de fertilisation et ainsi diminuer les pertes pour la culture.

La volatilisation ammoniacale est aussi un enjeu environnemental majeur. L’ammoniac contribue, entre autres, en réaction avec des oxydes d’azote ou du dioxyde de soufre, à la formation de particules fines (figure 1) dont les effets néfastes sur la santé, notamment chez les enfants, ont été démontrés. Lorsque le seuil d’alerte est dépassé, le représentant de l’État peut prendre diverses mesures liées aux pratiques agricoles : enfouissement rapide des effluents, report des épandages d’engrais minéraux et organiques, report des travaux du sol.

Les impacts environnementaux mettent l’ammoniac dans le viseur des politiques de santé publique et environnementale. Des engagements sur la réduction de ces émissions à hauteur de 4 % pour 2020, et 13 % pour 2030 (par rapport à une base 2005) ont été pris par la France.

L’essai mis en place par l’ITB

L’ITB va mettre en place en 2018 un essai sur betterave permettant de tester deux facteurs : le type d’engrais apporté et l’intérêt d’un enfouissement de l’engrais au semis. Des apports d’ammonitrate et de solution azotée 39 seront faits avant semis afin de comparer les deux types d’engrais. Puis, un apport enfoui localisé et un apport au sol de solution azotée seront réalisés au semis afin de mesurer l’effet de l’enfouissement sur la volatilisation.

Les mesures de volatilisation d’ammoniac seront mesurées grâce au positionnement de badges sur chaque parcelle élémentaire. Ceux-ci seront relevés à plusieurs dates afin de mesurer une cinétique de volatilisation et une quantité d’ammoniac volatilisée pour chacune des modalités. Ce projet prendra fin en septembre 2019.

* Source : CITEPA

Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.