samedi 20 octobre 2018
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Un été chaud pour la filière betteravière

L’été 2018 n’aura pas gâté la filière betteravière française. Interdiction française des néonicotinoïdes, sécheresse, poursuite de la chute des cours du sucre… ont compté parmi les mauvaises nouvelles qui ont émaillé la fin juillet et la première quinzaine d’août.

Alors que les professionnels avaient proposé certains engagements pour obtenir une dérogation française à l’interdiction européenne des néonicotinoïdes, le couperet est tombé officiellement le 1er août. Un décret publié au Journal officiel interdit l’utilisation de cinq substances néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame, thiaclopride et acétamipride), à partir du 1er septembre, après la décision européenne du 27 avril dernier. Dans un communiqué, la CGB a reproché au gouvernement l’« annonce sans concertation qu’il n’y aura pas de dérogation pour les néonicotinoïdes » sur betterave, et appelé Emmanuel Macron à respecter sa parole. « Refuser une dérogation à l’interdiction de l’utilisation des néonicotinoïdes en enrobage de semences de betteraves, c’est renier un engagement présidentiel qui refuse de mettre les agriculteurs dans une impasse technique », a souligné le syndicat. L’évaluation de l’Anses montre, aux yeux de la CGB, qu’« il n’y a pas d’alternative réelle » à ce type de traitement pour les semences de betteraves. Sans dérogation, les planteurs seraient exposés à des pertes de production pouvant aller « jusqu’à 50 % », poursuit le communiqué.

Une baisse de rendement attendue

Dans le même temps, la filière a dû faire face à une forte période de canicule et de sécheresse. Si les récoltes de céréales ont pu être effectuées sans trop de problèmes, les cultures tardives, comme la betterave, ont subi un important stress hydrique début août, dans les parcelles non irriguées. L’Institut technique de la betterave (ITB) a d’ailleurs revu à la baisse ses prévisions de rendement, avec - 0,3 t/ha de sucre durant le mois de juillet, atteignant ainsi 13,6 t/ha le 5 août.

Face à cette situation qui touche plusieurs pays européens, la Commission européenne a souligné que les agriculteurs touchés par la sécheresse seront financièrement aidés au-delà du soutien inscrit dans la Pac. « Les agriculteurs pourront recevoir jusqu'à 70 % de leur paiement direct et 85 % des paiements au titre du développement rural dès la mi-octobre 2018 (au lieu de décembre) », a expliqué la Commission dans un communiqué du 2 août.

Parallèlement, les cours du sucre, qui avaient atteint des records de baisse depuis l’automne 2017, ont poursuivi leur chute cet été. À Londres, le cours du sucre blanc est désormais tombé à un nouveau plancher de 307 dollars/tonne le 20 août, soit un recul de près de 25 % depuis janvier et de 4 % depuis un mois.

Cette succession de mauvaises nouvelles pourrait bien peser sur les choix futurs des agriculteurs pour leur assolement de 2019.

A.C.


20 août 2018

Néonicotinoïdes : des gages pour obtenir une dérogation

Dans une lettre adressée le 4 juillet aux ministres de l’Agriculture, de la Santé et de la Transition écologique, l'interprofession de la filière betterave-sucre (AIBS), propose une série d'actions d'adaptation, dans le but d'obtenir une dérogation de deux ans sur l'interdiction des néonicotinoïdes en betteraves.

Après la décision de Bruxelles, le 27 avril, d’interdire l’usage des néonicotinoïdes pour le traitement de semences, la filière betterave-sucre est prête à s’engager dans plusieurs actions d’adaptation transitoires, espérant ainsi décrocher une dérogation de deux ans en France.

Dans une lettre adressée le 4 juillet aux ministres de l’Agriculture, Stéphane Travert, de la Santé, Agnès Buzin et de la Transition écologique, Nicolas Hulot, l'Association interprofessionnelle de la Betterave-sucre (AIBS), regroupant la CGB et les fabricants de sucre, propose :
- de limiter l’usage des néonicotinoïdes aux seules betteraves suivies d’une céréale à paille, ou d’un maïs, dans les zones de production très réduites d’Alsace et de Limagne ;
- de restreindre l’enrobage de néonicotinoïdes au seul thiaméthoxame « dont le temps de dégradation est systématiquement le plus court des produits disponibles » ;
- de réduire d’un tiers le dosage de cette molécule (de 60 g actuellement à 40 g/ha) en enrobage de semences. « Cela écourte sa durée d’efficacité, mais augmente le risque d’apparition de la résistance des pucerons à cette matière active, ce qu’il était souhaitable d’éviter jusqu’ici pour pérenniser son usage, cette logique ne trouvant désormais plus à s’appliquer dans le cadre d’une dérogation qui ne sera valable que deux ans », soutient l’AIBS. L’homologation attendue en betterave de l’aphicide flonicamide (pour un passage unique) pourrait garantir une solution complémentaire et une efficacité acceptable de protection contre le puceron vert en cas d’infestation tardive ;
- s’engager à promouvoir la mise en place de bandes mellifères dans les régions betteravières.

La filière espère une réponse positive du gouvernement d’ici la rentrée, avant le lancement des traitements et enrobages des graines de betteraves par les semenciers.

A.C.


20 juillet 2018

Congrès de l’IIRB : les chercheurs au chevet de la betterave

Le 76e congrès international sur la recherche betteravière a donné des signes d’espoir à une filière en pleine tourmente.

Deauville a accueilli la plus grande concentration mondiale de chercheurs et de spécialistes de la betterave à sucre. Du 4 au 6 juin dernier, le 76e congrès de l’institut international de recherches betteravières (IIRB) a rassemblé 350 contributeurs de 21 pays différents représentant des instituts de recherche, des associations de producteurs, des sucriers, des sélectionneurs de betteraves, ainsi que de l'industrie phytosanitaire, des engrais et du machinisme. Preuve que la recherche betteravière est toujours très active : ce congrès a été un de ceux qui ont rassemblé le plus de participants depuis 20 ans !

Chacun était venu pour exposer ses travaux de recherche, mais c’est la situation des betteraviers européens qui a focalisé les principales conversations, suite à l’interdiction des néonicotinoïdes en traitement de semences.

« L’interdiction des néonicotinoïdes pourrait entraîner des sérieuses pertes de rendement à cause de la jaunisse virale transmise par les pucerons. Et elle aura des conséquences inverses de celles espérées par la société civile », a mis en garde le président de l’ITB, Alexandre Quillet.

La veille de ce congrès, le 4 juin, les spécialistes européens travaillant sur les néonicotinoïdes se sont retrouvés pour élaborer des stratégies de recherche à mettre en place. Les semenciers recherchent déjà des résistances à la jaunisse. « Nous aurons des débuts de réponse d’ici 5 ans, a expliqué Bruno Desprez, directeur général de Florimond Desprez. Mais quels seront les niveaux de rendement ? On pourrait avoir des bons résultats avec des techniques génomiques plus récentes, mais là il y a des problèmes réglementaires ». Un projet de recherche entre la société de services ADAS, l’institut technique britannique (BBRO) avec Hilleshög Maribo et SESVanderHave a débuté en 2014, pour trouver de nouvelles variétés résistantes à la jaunisse.

KWS réalise également des tests au Royaume-Uni sur 20 hybrides de betteraves. Le Royaume-Uni est un des pays plus concerné par la jaunisse de par son climat océanique. « Nous utilisons les néonicotinoïdes depuis 25 ans et nous ne savons plus comment cultiver des betteraves sans ces traitements. 80 % des virus sont résistants aux carbamates et aux pyréthrinoides, a expliqué Mark Stenvens du BBRO. Il faudra développer des messages d’alerte pour que les agriculteurs interviennent à temps et réfléchir à l’utilisation d’insectes bénéfiques ». L’interdiction des néonicotinoïdes met toute la filière en ébullition.

François-Xavier Duquenne


11 juin 2018

Les syndicats betteraviers se mobilisent contre l'interdiction des néonicotinoïdes

Suite à l’interdiction européenne des néonicotinoïdes annoncée le 27 avril dernier, la CGB et ses syndicats betteraviers se mobilisent et lancent en région une campagne de sensibilisation baptisée « Préservons la betterave française ».

« La filière betterave a été écoutée mais jamais entendue », regrette la Confédération générale des betteraviers (CGB) dans un communiqué du 6 juin. L’objet du mécontentement ? L’interdiction des néonicotinoïdes, décidée au niveau européen le 27 avril, lors de la réunion du Comité permanent sur les plantes, les animaux, les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (Scopaff). « La betterave sucrière, récoltée avant floraison, ne produit ni fleur ni pollen, donc n’attire pas les abeilles », rappelle la CGB, qui assure que « les néonicotinoides présents dans l’enrobage de la semence de betterave, ne présentent aucun danger pour les pollinisateurs ».

Des panneaux et une pétition

Face à cette situation, la confédération a décidé de mobiliser ses 14 syndicats en régions pour déployer, dès cette semaine, dans les champs de betteraves et aux abords d’axes routiers stratégiques, 220 panneaux pour quadriller la France betteravière en interpellant le Président de la République, avec le slogan « Préservons la betterave française ».

La CGB lance par ailleurs, sur Change.org, une pétition qui s’intitule « Préservons La betterave sucrière française » adressée à Emmanuel Macron et aux ministres, Stéphane Travert et Nicolas Hulot, pour sensibiliser le gouvernement à cet enjeu pour la filière.

Une demande de dérogation d'au moins deux ans

« Sans les néonicotinoides, les betteraviers ne disposent pas de solutions aussi efficaces et aussi respectueuses de l’environnement pour protéger les betteraves de la jaunisse virale », insiste le syndicat. Selon des études de l’institut technique de la betterave (ITB), les pertes de rendement pourraient aller « jusqu’à 50 % dans certaines zones de climat océanique ». « La seule alternative disponible aujourd’hui est chimique. Elle suppose un retour aux traitements par pulvérisations aériennes moins respectueux de l’environnement, plus coûteux et surtout moins efficaces pour lutter contre le puceron vert, vecteur de la jaunisse virale », explique Éric Lainé, le président de la CGB.

Le syndicat demande, au même titre que la Belgique, une dérogation (d’au moins de deux ans), le temps d’aboutir dans les recherches de solutions alternatives efficaces déjà en cours.

A.C.


6 juin 2018

Betteraviers européens : une baisse de revenu sans précédent

« Les planteurs de betteraves européens sont extrêmement inquiets ; toutes leurs craintes exprimées lors de notre précédent congrès tenu en 2015 se matérialisent »,  a déclaré le nouveau président des betteraviers européens, Eric Lainé, le 15 mai à Gand, lors du 45ème Congrès de la Confédération des Betteraviers Européens (CIBE). Le président des betteraviers français (CGB) succède à l’allemand Bernhard Conzen (à droite) pour un mandat de deux ans.


18 mai 2018

Semences : l’Union européenne interdit trois néonicotinoïdes

Coup dur pour la filière betterave-sucre européenne. Les représentants de l’Union européenne ont décidé, le 27 avril, d’interdire l’utilisation de trois néonicotinoïdes, utilisés dans l’enrobage des semences.

« Vendredi noir pour la betterave sucrière », a déclaré, le 27 avril sur Twitter, la Confédération européenne des planteurs de betteraves (CIBE). Les représentants des Etats membres de l’Union européenne ont en effet décidé, vendredi 27 avril, lors de la réunion du Comité permanent sur les plantes, les animaux, les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (Scopaff), d’interdire trois produits de cette famille d’insecticides sur toutes les cultures de plein air, sans exception pour la betterave. Seules, les cultures sous serres sont épargnées.

La majorité qualifiée requise pour cette décision (55 % des Etats membres représentant 65 % de la population totale de l’UE) a donc été atteinte. Seulement quatre pays ont voté contre : le Danemark, la Hongrie, la République tchèque et la Roumanie. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont voté pour l’interdiction. Neuf pays se sont abstenus, dont la Pologne et la Belgique.

Une possible application dès 2019

Proposé par la Commission européenne, le texte concerne trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame), dont elle avait partiellement restreint l’utilisation en décembre 2013. La mise en application de cette décision pourrait intervenir dès les prochains semis de 2019.

« C’est une décision politique mais une aberration scientifique dans le cas de la betterave », a réagi Alexandre Quillet, le président de l’Institut technique de la betterave (ITB). Rappelons que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait reconnu le cas spécifique de la betterave, plante non mellifère, dans un récent rapport, publié le 5 mars.

A.C.


27 avril 2018

Néonicotinoïdes : l'Anses souligne "l'absence d'alternative efficace" pour la betterave

Le rapport d'étape de l'Anses sur les néonicotinoïdes constate l'absence d'alternative efficace pour la betterave. La filière espère que cela jouera en faveur d'une dérogation pour leur utilisation.

Attendu depuis plusieurs semaines, le rapport d’étape de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur l’utilisation des néonicotinoïdes et leurs alternatives en grandes cultures, a été publié le 5 mars. L’agence souligne que ses travaux « n’ont pas mis en évidence d’effet nocif pour la santé humaine », dans le respect des conditions d’emploi fixées dans les autorisations de mise sur le marché. L’Anses estime qu’une attention particulière doit être portée au thiaclopride, (NDLR : non utilisé en enrobage de semences, selon l’ITB) dont l’emploi s’est accru de façon importante au cours de la période 2010-2015, et recommande, compte tenu de son caractère dangereux, de réduire au maximum les usages de produits à base de cette substance dès 2018. Concernant les solutions sur betteraves, pour combattre les ravageurs, « aucune alternative non chimique suffisamment efficace et opérationnelle n’a été identifiée », souligne l’agence dans son étude. Une conclusion qui est partagée par les professionnels. « L’Anses confirme qu’il n’existe pas à l’heure actuelle d’alternatives équivalentes aux néonicotinoïdes en termes d’efficacité, de durabilité, d’opérationnalité et de praticité pour lutter contre les pucerons vecteurs de la jaunisse virale », a indiqué l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS) dans un communiqué du 6 mars.

Le rapport final est attendu pour l’été
L’AIBS partage également les conclusions du rapport de l’agence européenne Efsa, publiées le 28 février. « Planteurs de betteraves et fabricants de sucre prennent acte du risque potentiel identifié par l’Efsa pour les pollinisateurs visitant une culture succédant, dans la rotation, à une betterave, quand cette dernière a bénéficié d’un traitement à base de néonicotinoïdes en enrobage de semences », indique l’interprofession. Elle rappelle que « la betterave sucrière, plante récoltée avant floraison et non attractive pour l’ensemble des insectes pollinisateurs, ne présente pas de risques avérés pour ceux-ci ». Par ailleurs, « dans 94 % des situations, la culture suivante est une céréale, plante elle-même non attractive », ajoute l’AIBS. Dans son communiqué, l’interprofession rappelle qu’en cas d’interdiction des néonicotinoïdes, « les pertes potentielles en rendement sont considérables, pouvant aller jusqu’à 50 % dans certaines régions ». Les professionnels de la filière espèrent être entendus et bénéficier d’une dérogation dans le temps, afin que les recherches de solutions alternatives en cours puissent aboutir. Pour mémoire, la loi « Pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » du 8 août 2016 prévoit l’interdiction de l’utilisation des produits phytosanitaires contenant des néonicotinoïdes à compter du 1er septembre 2018. Elle prévoit également que des dérogations puissent être accordées jusqu’au 1er juillet 2020. Le rapport final de l’Anses sur l’évaluation des alternatives chimiques et non chimiques à l’usage de préparations phytopharmaceutiques à base de néonicotinoïdes sera publié au deuxième trimestre 2018.

A. C.


13 mars 2018
Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.