La machine combi d’AVR, modèle Eco Ridger avec ses éléments de sarclage, permet un désherbage sur les flancs et sur le sommet des buttes. Il a été utilisé à Villers-Saint-Christophe (02) et Boigneville (91). Ses éléments de buttage supplémentaire reforment la butte. Autre test, celui des buttoirs sarcleurs de Grimme. Ils désherbent le sommet de la butte grâce aux étrilles à dent, les flancs de la butte avec des éléments à couteaux. Là aussi, les éléments reconstruisent la butte.

Attention, rappelle Arvalis, l’efficacité du désherbage mécanique dépend des conditions pédo-climatiques et de la flore adventice. Elle peut fortement varier. En 2025, les conditions météorologiques séchantes ont été très favorables au désherbage mécanique. De plus, la pluviométrie a permis une bonne efficacité des désherbants chimiques. Mais, si les résultats obtenus en 2025 avec le désherbage mécanique étaient satisfaisants à Boigneville (91), ceux obtenus dans les essais de l’Aisne étaient moins performants.

À Boigneville (91), les efficacités globales du désherbage à la fermeture des rangs dépassent 95 % dans toutes les modalités, mécaniques seuls (AVR pré, AVR pré et post), mécaniques et désherbage localisé et désherbage chimique. Aucune différence significative entre les différentes modalités n’a été constatée. Cependant, le gain par rapport au témoin non traité se situe dans une fourchette plus basse pour les modalités mécaniques (gain de 15 à 38 t/ha).

À Villers-Saint-Christophe, l’efficacité globale à la fermeture des rangs avec les buttoirs sarcleurs de Grimme n’a atteint que 60 à 63 %. Ce qui pourrait s’expliquer par la faible couverture des rangs, le type de flore et le manque d’un ou deux passages mécaniques. L’efficacité du désherbage mécanique et du désherbage localisé atteint 80 %. La complémentarité chimique/mécanique reste très intéressante.

Au niveau des modalités chimiques en plein, la présence du rimsulfuron ou de DFF et/ou du metobromuron donne les meilleurs résultats. Si, là encore, aucune différence significative n’est notée entre les programmes, les gains de rendement par rapport au témoin (de 6 à 18 t/ha) sont plus bas avec les désherbages mécaniques. Les modalités metobromuron au stade craking apportent 20 % d’efficacité supplémentaire.

Le désherbage mécanique permet d’obtenir une bonne efficacité en conditions sèches, confirme Sébastien Vast, responsable coordinateur technique du Comité Nord. « Des sarclages répétés jusqu’à la fermeture seront nécessaires pour garantir l’efficacité à la récolte. Ces sarclages n’apportent aucune persistance dans le temps ».

Des désherbages à adapter aux conditions climatiques

En condition humide, le désherbage des graminées base pré-levée donne encore une efficacité acceptable, constate Sébastien Vast du Comité Nord. Mais en condition sèche, l’efficacité du traitement chimique en pré-levée reste très limitée. La solution mécanique offre alors une alternative intéressante, à affiner avec de nouvelles expérimentations.

Les racinaires doivent être appliqués sur des buttes stabilisées et humides pour être efficaces.

Le métobromuron au stade cracking permet de gagner en persistance et de rattraper les levées échelonnées d’adventices (morelles, rays-grass…).

En condition sèche, des rattrapages seront peut-être nécessaires. Sans la métribuzine, une seule matière active reste autorisée en post-levée, le rimsulfuron. Dans les systèmes sans irrigation, les passages au sarcleur devront être plus fréquents si la pluie est rare.

Sur ray-grass, la base aclonifen puis métobromuron semble intéressante. Mais la pendiméthaline et le DFF apportent un véritable renfort. De même, le prosulfocarbe fournit quelques points d’efficacité supplémentaires. Arvalis met en garde contre la sélectivité de nouvelles matières actives. Comme la pendiméthaline et/ou le DFF. Ces matières actives doivent s’utiliser à 7-10 jours de la levée. Elles peuvent engendrer des marquages en cas de forts cumuls de pluies post applications.

Sur dicotylédones, sans métribuzine, le métobromuron tardif a un intérêt sur les levées échelonnées de morelles. En cas de fortes infestations, les bases aclonifen et clomazone seront complétées avec le DFF.

Sur renouées persicaires et mercuriales, les programmes à base de clomazone donnent une bonne efficacité. En cas de salissement tardif de mercuriales, un rattrapage avec une sarcleuse ou du metobromuron est possible.

Sur chénopodes, les bases aclonifen et clomazone restent intéressantes, mais insuffisantes en cas de fortes infestations. L’ajout de pendiméthaline, puis de métobromuron au stade cracking peut amener un renfort.