De 75 000 à 92 000 € à l’achat
Capable d’assurer le semis et le désherbage mécanique par binage dans sa version de « base », le robot Farmdroïd existe dans une version « premium » qui permet l’ajout de buses de pulvérisation pour des traitements ciblés sur la betterave : une option utile dans les régions à forte pluviométrie où le désherbage mécanique peut se révéler insuffisant. D’un point de vue financier, le robot coûte entre 75 000 € – dans sa version de base – et 92 000 € dans sa version premium.
Comparaison d’un itinéraire de référence sans Farmdroïd avec un itinéraire intégrant le robot
Le travail réalisé s’appuie sur des itinéraires techniques développés puis validés en collaboration avec l’ITB. Ils tiennent compte des connaissances et de l’expérience acquises lors des essais « terrain » menés par l’Institut avec le Farmdroïd.
D’un point de vue économique, les résultats montrent que l’usage du robot Farmdroïd en betterave conventionnelle réduit le temps de travail au champ de 27 % (hors temps de surveillance du robot). Cette économie se traduit notamment par une réduction de la charge salariale en betterave de 29 €/ha betterave (voir graphique ci-contre).
En limitant l’usage des herbicides à un seul passage en plein, une économie de 167 €/ha betterave est également possible. Quant au ciblage des traitements insecticides à l’aide du Farmdroïd (dans sa version « premium »), il pourrait diviser ces charges quasiment par deux. Au total, l’économie en produits phytosanitaires permise par le Farmdroïd « premium » peut atteindre un peu plus de 200 €/ha betterave.
Tous les voyants ne sont pas pour autant au vert…
La vitesse de travail du robot reste en effet limitée (0,21 ha/h), le rendant plus lent qu’un tracteur pour les opérations de semis et de désherbage.
Côté carburant, la réduction de consommation de 23 l/ha betterave – soit 28 % des charges carburants – permet d’atténuer un peu la hausse (+32 %) des charges de mécanisation. Une hausse qui résulte surtout d’un renchérissement des charges d’amortissement et d’entretien (284 €/ha betterave pour le modèle de « base ») induites par le Farmdroïd : l’outil étant supposé amorti au bout de 7 ans.
D’un point de vue environnemental, le fonctionnement du Farmdroïd à l’énergie solaire ou via une batterie électrique réduit la consommation de carburant de l’itinéraire technique ainsi que les émissions potentielles de gaz à effet de serre de 28 %. Le désherbage étant majoritairement assuré par le robot, la quantité de produits phytosanitaires appliqués diminue et l’IFT betterave est réduit de 34 %.
Utilisation du Farmdroïd dans un itinéraire technique conventionnel : un soutien financier complémentaire nécessaire
De manière générale et malgré des économies substantielles en produits phytosanitaires, l’étude suggère que l’intégration du Farmdroid dans un itinéraire conventionnel est plus coûteuse que la mise en œuvre d’un itinéraire technique betteravier « classique ». Cette situation – qui contraste avec son utilisation en agriculture biologique où le robot permet de compenser les coûts élevés du désherbage manuel – tient essentiellement à la forte hausse des charges d’amortissement et d’entretien induite par le robot.
L’existence d’aides – nationales et/ou régionales – pour accompagner les agriculteurs dans leurs investissements « machine » pourrait toutefois rendre le Farmdroïd économiquement attractif. Pour cela, les subventions à l’achat du robot « de base » (type aides à l’investissement) doivent totaliser 30 000 €.
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(1) L’analyse économique de l’itinéraire technique conventionnel a été réalisée par l’ARTB à l’aide du logiciel SYSTERRE®, un outil développé par Arvalis en partenariat avec Terres Inovia, l’Acta et l’ITB.


