« Les exploitations françaises sont-elles compétitives par rapport à leurs concurrentes européennes ? ». Un rapport rédigé en janvier dernier par deux inspectrices du CGAAER (1) (ministère de l’Agriculture) - Anne Dufour et Alessandra Kirsch – a le mérite de poser les bonnes questions. La comparaison de la rentabilité des exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux (Otex 15) en France, en Allemagne, en Roumanie et en Pologne apporte des éclairages intéressants.

Paradoxalement l'excellence technique française n'empèche pas la fragilité économique. En effet, les exploitations françaises de grandes cultures affichent, à surface équivalente, de bonnes performances techniques et un produit par hectare élevé. Le modèle productif français, fondé sur des surfaces relativement limitées, demeure toutefois vulnérable aux hausses de coût des intrants, aux exigences environnementales – notamment la baisse du nombre de molécules disponibles – et à la volatilité des prix agricoles.