Située en contrebas du château de Ranchicourt, à Rebreuve-Ranchicourt (Pas-de-Calais), la Ferme Mannessiez est active depuis cinq générations. D’abord salarié de l’exploitation, à la sortie de son Bac agricole en 2001, Nicolas Mannessiez (48 ans) a repris l’activité en 2010, au moment du départ à la retraite de ses parents. « Je l’ai agrandie en rachetant quelques champs pour 40 ha cumulés supplémentaires portant la SAU totale à 120 ha, répartie sur 20 sites autour de Rebreuve-Ranchicourt, et j’ai développé l’élevage en passant de 40 à 60 vaches allaitantes », souligne-t-il. Initialement secrétaire, son épouse (43 ans) Anne-Élisabeth l’a rejoint dans l’exploitation dès 2012, pour l’aider aussi bien pour les soins aux animaux, les vêlages que pendant les moissons, le tout en s’occupant de leurs trois garçons, âgés aujourd’hui respectivement de 19, 16 et 9 ans. Nicolas n’a pas fait qu’agrandir l’exploitation ou enrichir son élevage, il s’est aussi remis en question pour faire évoluer ses méthodes culturales.
« Mon père travaillait surtout en labour avant semis, de mon côté je pratique le semis direct pour préserver les sols. Je me suis formé et continue de le faire tous les ans afin d’évoluer vers les techniques à bas volume, pour optimiser le temps passé, l’utilisation de l’eau et des traitements phytosanitaires. Je fais très attention à l’activité microbienne des sols, sans recours au labour donc, et j’ai adopté une approche plus raisonnée pour mesurer davantage l’impact de ce que je fais dans les champs. Résultat : je n’utilise quasiment plus d’insecticides et favorise le recours aux pièges à limaces », détaille Nicolas Mannessiez. Les prairies, les cultures de céréales, les betteraves fourragères sont utilisées pour nourrir les bêtes. Quant aux betteraves sucrières, elles sont livrées à la sucrerie Tereos de Lillers située à une vingtaine de kilomètres de l’exploitation.