« La semence est le moteur premier de l’innovation. C’est elle qui permet de relever les défis climatiques, de protéger l’environnement et d’assurer la compétitivité de nos cultures », résume Franck Berger, vice-président de la section Plantes potagères et florales chez Semae.
Pour les producteurs, cette innovation n’est pas abstraite. Guillaume Gandon, vice-président de la CGB, raconte : « dans les années 90, mon exploitation était envahie par les nématodes. Plus j’essayais de compenser la perte de rendement, plus l’infestation s’aggravait. Sans les variétés tolérantes, je ne ferais plus de betteraves aujourd’hui. » Aujourd’hui, la filière doit encore faire face à la jaunisse, à la cercosporiose ou au syndrome des basses richesses. « On veut des variétés résistantes mais qui restent productives », insiste-il. « L’innovation, c’est aussi une manière de réduire nos coûts en phytosanitaires. »
Les sélectionneurs font vivre cette innovation. Pascal Giraudeau, sélectionneur blé chez Secobra Recherche, souligne que le progrès génétique permet de maintenir les rendements malgré le climat et les maladies, tout en limitant l’usage de ressources comme l’eau ou l’énergie. Vincent Béguier, directeur d’Agri-Obtentions, rappelle l’importance de préserver l’accès aux ressources génétiques : « nos variétés, comme le blé Geopolis ou le pois Pulsion, réduisent fortement l’usage des pesticides. Mais il faut que l’innovation reste libre pour continuer à avancer. »
Et sur le terrain, Guillume Gandon note que chaque nouvelle variété change la donne : « même un petit gain de résistance peut transformer une parcelle. Les graines que nous semons aujourd’hui, c’est un peu notre filet de sécurité contre les surprises du climat et des maladies. »


