mercredi 14 novembre 2018
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Tereos : la médiation a échoué

Deux communiqués du 2 octobre, diffusés par le groupe Tereos et les coopérateurs exclus, annoncent l’échec de la médiation engagée début septembre.

« La médiation que nous avions acceptée sous l’égide de monsieur Henri Nallet se solde par un échec total : à aucun moment, nos ex-collègues du conseil de surveillance n’ont fait la moindre proposition, ni accepté la moindre avancée », déclarent les trois coopérateurs exclus Gilles Bollé, Gérard Clay et Xavier Laude. Dans ce communiqué, ils ont été rejoints par d’autres élus démissionnaires François-Xavier Beaury, Etienne Clabaut, Laurent Courtier et Philippe Hennebert.

Ces 7 anciens élus de Tereos demandent à tous ceux qui les soutiennent de redoubler d’effort pour que leurs demandes soient prises en compte : « la réintégration des exclus, l'élection générale des conseillers de région et l'élection des membres d'un nouveau conseil de surveillance dans le respect des statuts ».

Dans ce communiqué, ils annoncent avoir réuni 2 400 signatures d’associés coopérateurs nécessaires à la convocation d’une assemblée générale ordinaire réunie extraordinairement. « Nous les déposerons au Haut Comité à la Coopération Agricole (HCCA) et les notifierons officiellement à la direction de Tereos », ajoutent-ils.

Cette médiation n’a visiblement pas apaisé les tensions, puisque les 7 anciens élus dénoncent l’attitude de leurs « ex-collègues du conseil de surveillance, instrumentalisés par le directoire qui, ont d’ores et déjà annoncé contester la validité de ces signatures ». Ils demandent aux institutions professionnelles du secteur agricole de prendre leurs responsabilités, car selon eux : « refuser de convoquer une AGO au mépris des statuts de notre coopérative, c’est vouloir faire taire les associés coopérateurs par la force ».

Élections régionales anticipées en décembre 2018

De son côté, Tereos regrette la fin prématurée de cette médiation engagée début septembre. « Tereos a tout fait pour que cette médiation aboutisse à une solution négociée », explique le communiqué du groupe coopératif.

Il rappelle que « dans une démarche d’ouverture et de dialogue, le conseil de surveillance a proposé :

- d’organiser des élections anticipées en décembre 2018, au lieu de juin 2019, ouvert à tous en régions, y compris à ceux qui avaient démissionné de leur mandat ;

- d’acheter les betteraves de la campagne 2018-2019 des trois adhérents exclus cet été, pour préserver leur activité d’agriculteurs et leurs exploitations ;

- d’envisager de leur accorder un statut de tiers non associé après la campagne en cours, pour une période de transition et de continuer à acheter leurs betteraves.

À l’exception de l’achat de betteraves pour cette année, acceptée par les personnes concernées, aucune de ces propositions n’a été étudiée sérieusement ».

Le conseil de surveillance de Tereos annonce qu’il « compte à présent pouvoir organiser des élections régionales dans un cadre serein ».

Pour les trois adhérents exclus, l’organisation d’élections au niveau régional n’est pas le bon niveau. Plutôt que des élections partielles, ils demandent un renouvellement de la totalité du conseil de surveillance.

Le bras de fer qui a débuté cet été continue.

F.-X. D.


2 octobre 2018

Tereos annonce des élections anticipées de ses conseillers de régions

Le conseil de surveillance de Tereos annonce des élections anticipées pour compléter les conseils de régions concernés par les 70 démissions de cet été. Il a par ailleurs demandé la médiation du président du Haut Conseil de la Coopération Agricole, Henri Nallet.

Allons-nous vers une sortie de crise pour le groupe Tereos, qui a été fortement secoué par des dissensions internes depuis début juillet ?

Le conseil de surveillance de Tereos vient en tout cas de faire un pas vers la sortie de crise. Un communiqué daté du 6 septembre annonce que « dans un esprit d’apaisement et dans l’intérêt de l’entreprise, le conseil de surveillance de Tereos a pris la décision d’organiser dès décembre 2018 plutôt qu’en juin 2019 les assemblées qui désigneront les titulaires des mandats de conseillers de région qui ne sont plus pourvus depuis les démissions survenues en juillet. » Rappelons que le 9 juillet dernier, 70 conseillers de régions représentant les sucreries d’Attin, Lillers, Chevrières, Boiry et Escaudoeuvres, avaient démissionné. « Cette période a été difficile mais le moment de l’apaisement est venu », explique le communiqué de Tereos, qui annonce également que le conseil de surveillance et les plus de 100 conseillers de région demeurés en fonction « ont dialogué avec leurs collègues démissionnaires et avec les représentants du monde agricole pour débloquer la situation. »

Avec leur Association de défense des coopérateurs de Tereos (ADCT), les trois anciens membres du conseil de surveillance exclus invitaient ces derniers jours les planteurs à signer une lettre demandant au président de Tereos d’organiser des élections rapidement et non pas en juin 2019. Leur appel a, semble-t-il, été entendu. Mais Gérard Clay précise que, « la situation mérite bien plus qu'une élection partielle, elle exige une élection générale, jusqu'à l'ensemble du conseil de surveillance, ce qui est d'ailleurs demandé par les futurs 2 400 signataires ».

Le conseil de surveillance de Tereos a par ailleurs demandé la médiation d’Henri Nallet, le président du Haut Conseil de la Coopération Agricole (HCCA). Une démarche que Gérard Clay, Gilles Bollé et Xavier Laude avaient également entreprise.

Cette instance devra garantir que cette élection se passe bien, « dans le plein respect des règles de notre coopérative et de la coopération agricole et dans un climat de dialogue et de collaboration, afin d’être acceptée de tous », indique Tereos.

En tout cas, les trois anciens membres du conseil de surveillance - Gérard Clay, Gilles Bollé et Xavier Laude - demandent leur réintégration pour qu’ils puissent se présenter à ces nouvelles élections.

François-Xavier Duquenne


6 septembre 2018

Remous autour de l’exclusion de trois betteraviers de Tereos

Les remous au sein du groupe Tereos ont constitué un véritable feuilleton tout au long de l’été. Le dernier en date est l’exclusion, le 16 août, de trois anciens membres du Conseil de Surveillance.

Trois anciens membres du Conseil de Surveillance du groupe Tereos - Gilles Bollé, Gérard Clay et Xavier Laude – ont fait l’objet d’une procédure d’exclusion « pour avoir mené une campagne de diffusion d’informations fausses ou mensongères, systématique et publique », explique le groupe coopératif dans un communiqué daté du 16 août.

Une décision que la CGB a déploré dans un communiqué daté du 20 août. « Au-delà de l’injuste déstabilisation des exploitations concernées, cette décision met en péril les conditions de dialogue et le pluralisme des opinions au sein de la filière », estime le syndicat de planteurs.

Si la CGB rappelle son devoir de neutralité quant aux orientations et décisions internes de gestion des groupes sucriers, elle estime que « cette exclusion pose les questions de la garantie du pluralisme des opinions, de la possibilité des responsables agricoles à partager des visions pouvant être divergentes et au-delà de la relation entre un betteravier et son groupe sucrier ».

Le syndicat apporte son soutien à Gilles Bollé, Gérard Clay et Xavier Laude, « alors que rien ne leur a jamais été reproché en tant que producteur de betteraves », et annonce qu’il mettra « tout en œuvre pour les assister et rétablir leurs droits en tant que betteravier. »

Les hostilités ont commencé le 9 juillet, quand 5 membres du Conseil de Surveillance et 70 conseillers de régions représentant les sucreries d’Attin, Lillers, Chevrières, Boiry et Escaudoeuvres, ont démissionné. Ces 5 usines représentent 7 500 des 12 000 coopérateurs de Tereos. Très vite les trois leaders - Gérard Clay, Gilles Bollé et Xavier Laude - ont expliqué leurs positions dans la presse, ce qui a conduit Tereos à répliquer par les voix de son président, François Leroux, et d’autres membres du Conseil de Surveillance du groupe coopératif.

Les élus démissionnaires dénoncent une « gouvernance défaillante », demandent plus de transparence sur la gestion, et estiment que les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements effectués, comparés aux autres groupes sucriers européens.

De son côté, le président de Tereos dénonce « une campagne de dénigrement public à partir d’informations fausses et trompeuses en portant atteinte à la réputation du groupe et aux intérêts des coopérateurs en voulant faire croire que le groupe ferait face à une situation financière difficile, ce qui est faux, ou en déformant publiquement la réalité des débats internes ayant eu lieu et des décisions prises par la coopérative. » Et il précise que « les fondamentaux économiques et financiers de Tereos, qui est devenu cette année le deuxième groupe sucrier mondial, sont solides et résilients ». Tereos rappelle aussi que son résultat net avant distribution de complément de prix était positif de 24 M€.

Le Conseil de Surveillance de Tereos, qui comptait jusqu’ici 22 membres, est désormais aujourd’hui composé de 15 membres « qui représentent toutes les régions et toutes les cultures », selon François Leroux. La tenue de nouvelles élections est annoncée en juin 2019. D’ici-là, cette affaire qui est désormais sur la place publique n’a sans doute pas fini de faire des vagues.

F.-X. D.


22 août 2018

Tereos et Cristal Union face à la chute des cours du sucre

Dans une conjoncture sucrière mondiale déprimée, Tereos et Cristal Union ont vu leurs résultats reculer sur 2017-2018. Tereos a décidé d'ouvrir son capital et Cristal Union se dit prêt à une alliance.

L’effondrement mondial des cours du sucre depuis plusieurs mois a des répercutions sur les résultats de tous les grands groupes sucriers internationaux du secteur. Les deux grands sucriers français, Tereos et Cristal Union, n’ont pas fait exception. Devenu numéro 2 mondial derrière l’allemand Sudzücker, Tereos a enregistré une progression de 3 % de son chiffre d’affaires à 4,98 milliards d'€ (Md€) sur l’exercice 2017-2018, clôturé au 31 mars. Mais son résultat net affiche une perte de 18 M€, contre un bénéfice de 73 M€ l'année précédente. Avant distribution de compléments de prix à ses coopérateurs, Tereos était cependant bénéficiaire de 24 M€. L’EBITDA du groupe s’élève à 594 M€, soit un niveau très proche de celui de 2016-2017.

De son côté, le deuxième sucrier français, Cristal Union, a enregistré un chiffre d’affaires de 2,022 Md€ sur son exercice clos au 31 janvier, contre 2,479 Md€ sur 2015-2017, mais celui-ci courrait sur une durée de 16 mois (30 septembre 2015 au 31 janvier 2017) et non de 12 mois. Le groupe affiche un EBITDA de 181 M€, contre 356 M€ sur 2015-2017. Le résultat net part du groupe reste positif. Il s’élève, lui, à 49 M€ sur 2017-2018, en net recul par rapport à l’exercice précédent (132,60 M€). À titre de comparaison, les résultats de 2017- 2018 se situent au-dessus de ceux de 2014-2015 également sur douze mois.

Suppression du prix minimum chez Cristal Union

Face à cette mauvaise conjoncture qui dure, les deux groupes sucriers français infléchissent leur stratégie. Le conseil d’administration de Cristal Union a décidé « à l’unanimité » de « supprimer le prix minimum de la betterave dès la campagne 2018 » et de geler certains investissements industriels, comme l’augmentation de capacité de la sucrerie de Bazancourt (Marne). Ils ne seront que de 50 M€ cette année et de 35 M€ l’an prochain, contre 92 M€ sur 2017-2018. Avec ces économies réalisées, Cristal Union se dit prêt à envisager des acquisitions ou des rapprochements avec un acteur européen. « Cela peut être des alliances avec des forts et des prédations sur les faibles », a révélé Alain Commissaire, le directeur du groupe, en soulignant « avoir lancé une étude interne sur chaque acteur ». Cristal Union dit pouvoir disposer d’une capacité financière d’achat de plus d’un milliard d'euros. De son côté, Tereos envisage d’ouvrir son capital à des investisseurs minoritaires à l’échelle du groupe, c’est-à-dire de la nouvelle coopérative unique. À ce jour, toutes les options sont sur la table, a révélé Alexis duval, le président du directoire du groupe, sauf la création d’une filiale spécifique pour accueillir de nouveaux investisseurs.

A. C.


14 juin 2018

Limagrain, toute l'Auvergne dans les pains Jacquet

REPORTAGE - Le groupe coopératif, basé près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), développe son modèle d’intégration verticale et locale, depuis la sélection variétale, jusqu’à la boulangerie industrielle. Un succès.

Toutes les 8 minutes, l’immense pétrin s’ouvre et déverse 400 kg de pâte sur de longs convoyeurs. De là, 5 à 6 000 petits pains ronds à hamburgers, dits “buns”, seront fabriqués au terme d’un processus automatisé de près d’1 h 30. Bienvenue à l’usine Jacquet de Saint-Beauzire (Puy-de-Dôme), au coeur du fief de la coopérative Limagrain. Ici, les ingrédients des recettes, sont presque tous 100 % locaux. La farine, issue des céréales des coopérateurs, est produite dans les moulins auvergnats du groupe. Le sucre provient, lui, de l’usine Cristal Union de Bourdon et l’huile de chez Saipol à Lezoux, dans le Puy-de-Dôme. Quant à l’eau utilisée, elle est bien sûr issue des célèbres volcans d’Auvergne ! Depuis sa création en 1942, Limagrain s’efforce de construire un modèle intégré de l’amont à l’aval, sur ses terres auvergnates. Même si l’essentiel de ses ventes s’effectue à l’international aujourd’hui (79 %), il est devenu un acteur économique majeur dans sa région, le deuxième derrière le groupe Michelin. Il emploie 1 500 personnes, dont 200 chercheurs et réalise 20 % de son chiffre d’affaires sur place. De la sélection variétale sur le maïs et le blé, semés dans les champs de ses 2 000 coopérateurs, à l’expédition des pains et pâtisseries Jacquet Brossard vers les grandes surfaces, le groupe présidé par Damien Bourgarel est à la manoeuvre.

Une filière intégrée

Après avoir racheté Jacquet en 1995, la coopérative a mis un point d’honneur à construire en 2000 une usine aux portes de Clermont-Ferrand, agrandie neuf ans plus tard, pour servir de débouchés à ses adhérents. « Les exploitations agricoles font en moyenne 80 hectares en Limagne. Que seraient-elles devenues face à la concurrence, si nous n’avions pas mis en place des filières qualité ? », s’interroge Claude Gagnol, le directeur filière et achats de Limagrain. Sur les 300 000 tonnes de céréales récoltées en moyenne chaque année par la coopérative, 180 000 sont du blé et 120 000 du maïs. La majorité est transformée dans les usines du groupe, le reste étant vendu en externe. Pour le blé, le groupe dispose de deux moulins, à Gerzat et Bouzel (Puyde- Dôme). Ils ont écrasé près de 110 000 tonnes de blé l’an passé, soit la capacité maximale. « Nous avons été pionniers dans la logique du circuit court appliqué à l’industrie, sur nos filières blé et maïs », souligne Marc Duprez, directeur des métiers du grain. 60 % des approvisionnements en farine de la division Jacquet Brossard proviennent des récoltes des adhérents de Limagrain. « A l’usine de Saint-Beauzire, c’est 100 % », se félicite Isabelle Vendroux, la directrice de l’usine Jacquet. Le site de 224 personnes utilise 110 tonnes de farine par jour pour produire du pain de mie et les fameux pains pour hamburgers. La marque Jacquet occupe la première place du segment des “buns” dans les grandes surfaces. Le groupe affirme le devoir notamment à sa maîtrise de la génétique du blé. 14,6 % du chiffre d’affaires sont consacrés à la recherche et au développement dans le groupe. « Ce sont des investissements importants, à des niveaux proches de ceux de l’industrie pharmaceutique, loin de ceux pratiqués dans notre secteur », insiste Catherine Pennec, directrice de Limagrain Coop.

Forte teneur protéique

Dans ses centres de recherche, Limagrain développe notamment ses propres variétés de blés améliorants pour la panification. « Pour faire nos pains de type “buns”, nous utilisons des blés avec une forte valeur protéique, qui va emprisonner le gaz COÇ et donner un effet moelleux. C’est notre spécificité », insiste Denis Despré, le directeur marketing et développement de Limagrain Céréales Ingrédients (LCI), la structure qui regroupe les outils de première transformation du groupe. Pour cela, le groupe utilise des variétés de céréales réservées à son propre usage. LCI produit ainsi des épaississants pour des fabricants de plats cuisinés et des produits intermédiaires extrudés (pellets) à base de maïs, pour les industriels du snacking. « Aujourd’hui, le marché se tourne de plus en plus vers le clean label (NDLR : des produits naturels, sans additif ni conservateur). Nous travaillons à répondre à cette demande, en sélectionnant de nouvelles variétés de blés. C’est un important moteur de croissance pour nous », détaille Denis Despré. En septembre prochain, LCI devrait présenter au salon professionnel IBA de Munich (Allemagne), une innovation en pain de mie pour combattre la moisissure, avec un nouvel ingrédient naturel. Le fruit de cinq années de recherche. De quoi permettre à Limagrain de garder une longueur d’avance tout en conservant sa fibre locale.

Adrien Cahuzac, à Clermont-Ferrand.


24 mai 2018

François Leroux (Tereos) : "Une coopérative unique pour des débouchés rentables"

François Leroux, le nouveau président de Tereos, explique au Betteravier français que la constitution de la coopérative unique va permettre de positionner au mieux l’entreprise dans un univers extrêmement concurrentiel. Interview.


23 avril 2018

Tereos se constitue en coopérative unique

Le 1er groupe sucrier français a approuvé la fusion des coopératives betteravières, féculières et de luzerne, en une coopérative unique. Elle est constituée de 4 commissions spécialisées et de 6 régions.

Annoncée depuis plusieurs mois (lire Le BF n°1059), la coopérative unique de Tereos est officiellement née le 5 mars. « Les 12 assemblées générales extraordinaires qui se sont tenues du 29 janvier au 5 mars 2018 ont unanimement approuvé la fusion des coopératives betteravières, féculières et de luzerne qui constituaient Tereos Union de coopératives agricoles, en une coopérative unique », annonce un communiqué du groupe le 8 mars. Le conseil de surveillance de Tereos, qui s’est tenu le 5 mars 2018, a approuvé à l’unanimité cette fusion, donnant ainsi naissance à la coopérative unique baptisée Tereos SCA, rassemblant 12 000 associés coopérateurs. Pour Tereos, cette organisation simplifiée vise à « renforcer l’efficacité du groupe coopératif et sa capacité à répondre aux évolutions de son environnement ». Elle est l’aboutissement « de quinze années d’un processus d’harmonisation mené afin que chaque coopérateur, quelle que soit sa coopérative d’origine, dispose des mêmes conditions notamment en matière de prix, de règles opérationnelles, de distribution des dividendes et d’indemnités, leur permettant ainsi de valoriser, dans la durée, leurs productions », affirme le groupe dans son communiqué.

De nouveaux membres au conseil de surveillance
Lors de sa réunion du 5 mars, le conseil de surveillance a également procédé aux élections de François Leroux, réélu à l’unanimité président du conseil de surveillance, Jean-Charles Lefebvre, élu vice-président du conseil de surveillance et président de la commission betteraves, Pascal Foy, élu président de la commission pommes de terre, Bertrand Magnien, président de la commission des affaires publiques et Thierry Sergeant, élu président de la commission nutrition animale. D’autres membres compléteront le conseil après la tenue des assemblées de régions. Le conseil de surveillance a par ailleurs renouvelé pour une durée de quatre ans le mandat de président du directoire d’Alexis Duval, ainsi que ceux des autres membres du directoire. La nouvelle organisation de Tereos s’appuiera sur la constitution de 4 commissions spécialisées et de 6 régions. Ces dernières « correspondent aux grands bassins de production du groupe en France et à l’implantation des usines afin de prendre en compte les enjeux spécifiques à chaque territoire (Grand Est, Nord, Nord Littoral, Picardie Est, Picardie Ouest, Sud) », détaille Tereos.

Les commissions spécialisées permettront, elles, « d’étudier en profondeur les problématiques spécifiques à chaque production et à chaque filière : betteraves, pommes de terre, nutrition animale (luzerne et pulpes) et affaires publiques », poursuit le groupe. Les 12 000 associés coopérateurs qui seront réunis en assemblée générale par région chaque année en juin, éliront leurs conseillers de région, selon le principe « un homme, une voix ». Ces derniers procéderont ensuite à l’élection de leurs présidents
de région, qui compléteront ensuite le conseil de surveillance.

A.C.


13 mars 2018

Sucre : une "production historique" pour Cristal Union

Pour sa première campagne post-quota, le deuxième sucrier français affiche un record de production, à 17 millions de tonnes, en hausse de 30 %.

C’est un excellent cru pour Cristal Union. La campagne 2017-2018 se solde par « des performances betteravières et industrielles historiques », affirme le groupe dans un communiqué du 29 janvier. Les surfaces ont atteint près de 180 000 hectares, soit une hausse de plus de 30 % en deux ans. Avec plus de 15 tonnes de sucre par hectare en moyenne, Cristal Union affirme avoir atteint le rendement le plus élevé en Europe. Les adhérents ont livré plus de 17 millions de tonnes de betteraves aux dix sucreries du groupe, soit une hausse de plus de 30 % par rapport à la précédente campagne. Le rendement moyen pour l’ensemble du groupe dépasse 96 tonnes de betteraves à 16 °S et même 104 tonnes pour l’usine de Fontaine-le-Dun (Seine-Maritime). La richesse s’élève en moyenne à 18 °S.

Bâchage et méga-silo en fin de campagne

Avec une durée moyenne de 125 jours, la campagne 2017-2018 aura connu une augmentation de 15 jours. Le site de Fontaine-le-Dun affiche la durée la plus longue, avec des arrachages ayant commencé dès le début septembre pour s’achever le 5 février, soit plus de 150 jours de campagne. Dans ce contexte, Cristal Union affirme avoir accentué l’accompagnement des planteurs, notamment en fin de campagne. En 2017, le bâchage mécanisé était en place sur les sections d’Erstein, Fontaine-le-Dun, Sainte-Emilie, Pithiviers, Toury et Bazancourt. Des « méga-silos » ont été installés sur les sites ayant les plus longues campagnes, comme à Arcis-sur-Aube, avec un méga-silo de 60 000 tonnes de betteraves (soit près de 3 jours d’approvisionnement).

Des cadences records dans les sucreries

Même satisfecit du groupe pour les sucreries. Cristal Union évoque des « performances inégalées », avec la cadence moyenne la plus élevée de son histoire : 135 000 tonnes de betteraves travaillées par jour et une pointe à 141 000 t/j. Certains sites ont battu des records (27 000 t/j à Arcissur-
Aube, 24 000 t/j à Bazancourt, 21 500 t/j à Sillery, 17 500 t/j à Sainte-Emilie…). Au cours de la campagne 2017-2018, le groupe a produit 2 millions de tonnes de sucre, 6,5 millions d’hectolitres d’alcool et de bioéthanol et 800 000 tonnes de produits déshydratés. Seule inconnue dans ce tableau présenté comme idyllique par le groupe, la valorisation de la production sur les marchés. Depuis la fin des quotas, les cours du sucre sont historiquement bas, ce qui pourrait mettre à mal les résultats du groupe, comme tous ceux de ses compétiteurs européens. Cristal Union prévoit un chiffre d’affaires proche de celui de l’an passé et de rester bénéficiaire.

A.C.


13 février 2018
Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.