mercredi 14 novembre 2018
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Cristal Union prévoit « une campagne plus courte que l’an passé »

« Le démarrage de la campagne, bien que délicat, a été réussi sur l’ensemble du groupe », explique Cristal Union. Le groupe prévoit que la récolte sera très hétérogène entre les secteurs d’un même bassin betteravier.

Les sucreries de Cristal Union tournent désormais à plein régime. Les 10 usines du groupe ont lancé le démarrage de leur activité entre le 14 et le 26 septembre, Fontaine-le-Dun (Seine-Maritime), ayant été la première, et Erstein (Bas-Rhin), la dernière.

Des arrachages difficiles

Sur le plan agricole, « au regard des conditions météorologiques difficiles de cet été, le démarrage de la campagne, bien que délicat, a été réussi sur l’ensemble du groupe. (…) Les adhérents ont fait preuve d’un engagement particulièrement important pour s’adapter aux conditions sèches et ont mené des opérations, dans certains secteurs quand cela était possible, pour faciliter les arrachages », souligne Cristal Union dans un communiqué du 27 septembre. Le groupe a retardé d’une dizaine de jours le démarrage des campagnes dans les différents secteurs du fait des conditions météorologiques qui rendent les arrachages difficiles. « En raison de la sécheresse sévère en Champagne et au sud de Paris, la récolte sera hétérogène entre les secteurs et entre communes d’un même bassin betteravier. Le rendement sera vraisemblablement légèrement inférieur à la moyenne des 5 dernières années. Cependant les tonnages moindres pourraient être compensés par la plus forte concentration en sucre des betteraves qui a été favorisée par la chaleur », détaille le groupe coopératif, qui prévoit « une campagne un peu plus courte que l’an passé ».

La cogénération inaugurée à Sainte-Emilie

Du côté industriel, Cristal Union affirme que « tous les sites sont montés rapidement en cadence avec de très bons niveaux de performance notamment sur les sites de Bazancourt, Fontaine-le-Dun et de Sainte-Emilie ». Tenant compte du contexte économique difficile, le groupe a ralenti ses investissements tout en poursuivant sa démarche de transition énergétique. Après trois ans de projet, la sucrerie de Sainte-Emilie inaugure pour cette campagne 2018 un système de cogénération « ultramoderne » permettant de produire simultanément de la chaleur et de l’électricité avec un rendement optimum. 2018 marque ainsi la fin de l’utilisation du fuel lourd comme énergie primaire chez Cristal Union.

A.C.

 


28 septembre 2018

Cristal Union prêt pour sa première récolte de betteraves bio

Le groupe coopératif va arracher dans quelques jours ses premières betteraves bio cultivées à grande échelle. Premiers retours d’expériences.

Depuis le printemps, Cristal Union mène des cultures de betteraves bio, pour la première fois à grande échelle. Sur près de 150 hectares, 25 agriculteurs, essentiellement au Sud de Paris, autour de Toury (Eure-et-Loir), Pithiviers (Loiret) et Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret), se sont engagés dans la démarche. Déjà producteur de luzerne bio dans cette région, le groupe a souhaité développer ce mode de production en betterave en s’appuyant sur le savoir-faire de producteurs déjà convertis. « Le désherbage a été le point critique numéro 1. Dans 80 % des cas, il a été bien maîtrisé avec un faible impact attendu sur le rendement », explique William Huet, le responsable du département agronomie de Cristal Union. Différents systèmes ont été utilisés, à commencer par du binage sur l’inter-rang avec des lames Lelievre, des pattes d’oie et des moulinets. Pour protéger les betteraves dans les rayons, des plaques montées sur la bineuse ont été utilisées.

Désherbage manuel cet été

Le service agronomie de Cristal Union a accompagné les agriculteurs dans cette nouvelle culture. « Beaucoup d’entre eux connaissaient les techniques de binage, notamment en légumes. Les autres ont été mis en lien avec des ETA pour leur apporter du matériel », détaille William Huet. Une autre technique utilisée a consisté à brûler les adventices. Elle a été effectuée sur certaines parcelles juste après le semis et avant la levée des betteraves. Pour l’an prochain, Cristal Union prévoit de mettre à disposition de ses adhérents une bineuse inédite à six rangs, construite par Garford, actuellement en test.
En complément du désherbage mécanique, des opérations manuelles ont été réalisées au printemps et pendant l’été, une fois le rayon couvert par les feuilles de betteraves. « 30 heures de travail par hectare ont été nécessaires sur chaque rayon. Dans certains cas plus difficiles, il a fallu jusqu’à 100 heures ! », souligne William Huet.

Des ronds de jaunisse

Du côté des maladies, le pire a semblet-il été évité. « Malgré une pression forte de la cercosporiose, le résultat est satisfaisant, car nous avons utilisé des variétés très tolérantes et, dans certains cas, un mélange de cuivre et de soufre autorisé en bio », explique le responsable du département agronomie de Cristal Union. En matière d’insectes, le puceron vert a été observé à partir du mois de mai, engendrant des petits ronds de jaunisse quelques semaines plus tard. « Mais cela est peu étendu à ce jour. Les auxiliaires présents, comme les coccinelles et larves de syrphe, ont freiné le développement », estime William Huet. Dans quelques jours, des prélèvements seront effectués pour analyser précisément les conséquences de la jaunisse sur les rendements. Sur la base des rendements escomptés et de l’étude de charges proportionnelles liées à la production bio, réalisées en 2017, les betteraves seront achetées en 2018 à 75 €/t à 16°s. En attendant, les sucreries de Pithiviers et Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret) sont en cours de certification pour transformer les betteraves bio dans quelques semaines.

Adrien Cahuzac


14 septembre 2018

Tereos et Cristal Union face à la chute des cours du sucre

Dans une conjoncture sucrière mondiale déprimée, Tereos et Cristal Union ont vu leurs résultats reculer sur 2017-2018. Tereos a décidé d'ouvrir son capital et Cristal Union se dit prêt à une alliance.

L’effondrement mondial des cours du sucre depuis plusieurs mois a des répercutions sur les résultats de tous les grands groupes sucriers internationaux du secteur. Les deux grands sucriers français, Tereos et Cristal Union, n’ont pas fait exception. Devenu numéro 2 mondial derrière l’allemand Sudzücker, Tereos a enregistré une progression de 3 % de son chiffre d’affaires à 4,98 milliards d'€ (Md€) sur l’exercice 2017-2018, clôturé au 31 mars. Mais son résultat net affiche une perte de 18 M€, contre un bénéfice de 73 M€ l'année précédente. Avant distribution de compléments de prix à ses coopérateurs, Tereos était cependant bénéficiaire de 24 M€. L’EBITDA du groupe s’élève à 594 M€, soit un niveau très proche de celui de 2016-2017.

De son côté, le deuxième sucrier français, Cristal Union, a enregistré un chiffre d’affaires de 2,022 Md€ sur son exercice clos au 31 janvier, contre 2,479 Md€ sur 2015-2017, mais celui-ci courrait sur une durée de 16 mois (30 septembre 2015 au 31 janvier 2017) et non de 12 mois. Le groupe affiche un EBITDA de 181 M€, contre 356 M€ sur 2015-2017. Le résultat net part du groupe reste positif. Il s’élève, lui, à 49 M€ sur 2017-2018, en net recul par rapport à l’exercice précédent (132,60 M€). À titre de comparaison, les résultats de 2017- 2018 se situent au-dessus de ceux de 2014-2015 également sur douze mois.

Suppression du prix minimum chez Cristal Union

Face à cette mauvaise conjoncture qui dure, les deux groupes sucriers français infléchissent leur stratégie. Le conseil d’administration de Cristal Union a décidé « à l’unanimité » de « supprimer le prix minimum de la betterave dès la campagne 2018 » et de geler certains investissements industriels, comme l’augmentation de capacité de la sucrerie de Bazancourt (Marne). Ils ne seront que de 50 M€ cette année et de 35 M€ l’an prochain, contre 92 M€ sur 2017-2018. Avec ces économies réalisées, Cristal Union se dit prêt à envisager des acquisitions ou des rapprochements avec un acteur européen. « Cela peut être des alliances avec des forts et des prédations sur les faibles », a révélé Alain Commissaire, le directeur du groupe, en soulignant « avoir lancé une étude interne sur chaque acteur ». Cristal Union dit pouvoir disposer d’une capacité financière d’achat de plus d’un milliard d'euros. De son côté, Tereos envisage d’ouvrir son capital à des investisseurs minoritaires à l’échelle du groupe, c’est-à-dire de la nouvelle coopérative unique. À ce jour, toutes les options sont sur la table, a révélé Alexis duval, le président du directoire du groupe, sauf la création d’une filiale spécifique pour accueillir de nouveaux investisseurs.

A. C.


14 juin 2018

Des résultats en baisse pour les sucriers européens

La baisse généralisée des cours du sucre depuis le mois d'octobre commence à avoir un impact sur les résultats des principaux groupes sucriers européens, à la fois en Allemagne et en France.

Le Britannique AB Food et l’Allemand Südzucker prévoient des résultats en berne pour les prochains mois, à cause de la chute des cours du sucre observée depuis le mois d'octobre. AB Food a annoncé une baisse de 27 % du résultat opérationnel de sa division sucre, à 90 millions de £ (102 milliards d’€) pour 2017-2018 et un recul de 13 % du chiffre d’affaires, à 938 millions de £ (1,07 milliard d’€). De son côté, Südzucker , propriétaire en France de Saint-Louis Sucre, anticipe une baisse de 100 à 200 millions d’euros de son résultat opérationnel sur 2018-2019. Mais il fait part de résultats en hausse pour l’exercice 2017-18, clos au 28 février. Son chiffre d’affaires passe à 7 milliards d’euros, contre 6,5 milliards d'€, et le résultat net atteint 440 millions, contre 426 millions un an plus tôt.

En France, lors de ses assemblées générales de sections mi-mai, le groupe Cristal Union a dévoilé ses résultats financiers pour l’exercice 2017-18, établi sur douze mois et désormais clôturé au 31 janvier. Difficilement comparable par rapport à l’exercice précédent sur 16 mois (30 septembre 2015 au 31 janvier 2017), le chiffre d’affaires 2017-18 s’établit à 2,022 milliards d’€, contre 2,479 milliards d’€ sur 2015-17. Le résultat net part du groupe recule à 49 millions d’€, contre 132,6 millions sur 2015-17. À titre de comparaison, les résultats de 2017-18 se situent au-dessus de ceux de 2014-15 également sur douze mois. Le chiffre d’affaires était alors d’1,67 milliard d’€, avec un résultat net part du groupe de 43,8 millions.

De son côté, le groupe français Tereos prévoyait, en février dernier, "une perspective d’EBITDA (NDLR : résultat d'exploitation avant intérêts, impôts et amortissement) ajusté pour l’année fiscale 2017/18, en baisse par rapport aux 607 millions d’euros de l’exercice 2016/17, principalement du fait de la baisse des résultats la division Sucre Europe suite à la pression significative sur les prix du sucre en Europe depuis octobre 2017". Les résultats du groupe pour l'exercice 2017/18, clos au 31 mars 2018, devraient être dévoilés à la mi-juin.

A.C.

 

 


24 mai 2018

De l'isobutène dans une Audi

C'est une première mondiale. La start-up Global Bioenergies a testé le 5 avril sur le circuit de Montlhéry (Essonne) une Audi alimentée par de l’essence contenant 34 % d'éthanol. L’innovation repose sur le fait que ce carburant est utilisable par les véhicules actuellement vendus, sans modification.

"Nous utilisons un procédé biologique qui consiste à modifier des bactéries. Lorsqu’on leur donne du sucre, ces bactéries le transforment en isobutène, permettant de fabriquer des carburants de très haute performance", détaille Marc Delcourt, le directeur de l'entreprise. Une société commune baptisée IBN-One, créée avec Cristal Union, capable de produire 50 000 tonnes de carburant par an, commercialisera ce carburant d’ici 2021.

 


10 avril 2018

Sucre : une "production historique" pour Cristal Union

Pour sa première campagne post-quota, le deuxième sucrier français affiche un record de production, à 17 millions de tonnes, en hausse de 30 %.

C’est un excellent cru pour Cristal Union. La campagne 2017-2018 se solde par « des performances betteravières et industrielles historiques », affirme le groupe dans un communiqué du 29 janvier. Les surfaces ont atteint près de 180 000 hectares, soit une hausse de plus de 30 % en deux ans. Avec plus de 15 tonnes de sucre par hectare en moyenne, Cristal Union affirme avoir atteint le rendement le plus élevé en Europe. Les adhérents ont livré plus de 17 millions de tonnes de betteraves aux dix sucreries du groupe, soit une hausse de plus de 30 % par rapport à la précédente campagne. Le rendement moyen pour l’ensemble du groupe dépasse 96 tonnes de betteraves à 16 °S et même 104 tonnes pour l’usine de Fontaine-le-Dun (Seine-Maritime). La richesse s’élève en moyenne à 18 °S.

Bâchage et méga-silo en fin de campagne

Avec une durée moyenne de 125 jours, la campagne 2017-2018 aura connu une augmentation de 15 jours. Le site de Fontaine-le-Dun affiche la durée la plus longue, avec des arrachages ayant commencé dès le début septembre pour s’achever le 5 février, soit plus de 150 jours de campagne. Dans ce contexte, Cristal Union affirme avoir accentué l’accompagnement des planteurs, notamment en fin de campagne. En 2017, le bâchage mécanisé était en place sur les sections d’Erstein, Fontaine-le-Dun, Sainte-Emilie, Pithiviers, Toury et Bazancourt. Des « méga-silos » ont été installés sur les sites ayant les plus longues campagnes, comme à Arcis-sur-Aube, avec un méga-silo de 60 000 tonnes de betteraves (soit près de 3 jours d’approvisionnement).

Des cadences records dans les sucreries

Même satisfecit du groupe pour les sucreries. Cristal Union évoque des « performances inégalées », avec la cadence moyenne la plus élevée de son histoire : 135 000 tonnes de betteraves travaillées par jour et une pointe à 141 000 t/j. Certains sites ont battu des records (27 000 t/j à Arcissur-
Aube, 24 000 t/j à Bazancourt, 21 500 t/j à Sillery, 17 500 t/j à Sainte-Emilie…). Au cours de la campagne 2017-2018, le groupe a produit 2 millions de tonnes de sucre, 6,5 millions d’hectolitres d’alcool et de bioéthanol et 800 000 tonnes de produits déshydratés. Seule inconnue dans ce tableau présenté comme idyllique par le groupe, la valorisation de la production sur les marchés. Depuis la fin des quotas, les cours du sucre sont historiquement bas, ce qui pourrait mettre à mal les résultats du groupe, comme tous ceux de ses compétiteurs européens. Cristal Union prévoit un chiffre d’affaires proche de celui de l’an passé et de rester bénéficiaire.

A.C.


13 février 2018
Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.