Spécialiste de la gestion de l’eau et de la valorisation des déchets, Suez s’est penché tout naturellement sur la méthanisation agricole. « Nous étions de plus en plus sollicités par les agriculteurs pour valoriser leurs déchets mais aussi par des méthaniseurs pour acheter de la matière, avec 3 à 10 demandes par semaine », se rappelle Louis Baillet, chef de projet de la place de marché Organix chez Suez. Anticipant la progression de la méthanisation en France, le groupe décide en 2016 de créer une place de marché sur Internet, pour mettre en relation des méthaniseurs et des agriculteurs souhaitant proposer des matières organiques. C’est ainsi qu’Organix voit le jour au niveau national le 1er janvier 2017, après une phase de tests dans certaines régions. Le principe ? Chaque agriculteur s’inscrit et renseigne le type et la quantité de matières qu’il possède. « Nous nous appuyons sur l’expertise de nos collègues en région pour caractériser précisément les matières. En fonction des analyses effectuées ou fournies par l’agriculteur, un code déchets est associé pour répondre aux besoins spécifiques des méthaniseurs », explique Louis Baillet. De leur côté, les méthaniseurs renseignent également leurs besoins précis sur la plateforme. Cela fonctionne comme une enchère inversée : l’agriculteur indique le prix auquel il souhaite vendre sa matière. À cela s’ajoutent des frais de transport. L’acheteur propose ensuite son prix à l’agriculteur qui est libre d’accepter ou non.

« Nous jouons la carte de la transparence. Nous prenons une commission de 5 euros/tonne de matière organique et 10 % de la valeur de la matière. C’est inscrit dans les conditions générales de vente. Cela peut paraître beaucoup, mais cela est faible par rapport à ce qui se pratique généralement dans le secteur », souligne le chef de projet d’Organix, qui précise que « c’est Suez qui achète la matière à l’agriculteur puis effectue le transport jusqu’à l’acheteur ».