Malgré une fréquentation largement en baisse, en raison notamment de l’absence des bovins ou de divers appels au boycott, les organisateurs du Salon de l’agriculture défendent une édition ne ressemblant « à aucune autre », certes, mais placée sous le signe du calme, du respect et de la convivialité. Dans les allées, nul doute que les visiteurs ont trouvé leur compte, entre produits régionaux et activités pédagogiques. Mais, en coulisses, l’heure était plutôt au bras de fer. Les trois rendez-vous organisés entre les représentants des producteurs de grandes cultures (betterave, blé, maïs, oléoprotéagineux, pomme de terre) et le président de la République, le Premier ministre et le commissaire européen à l’agriculture se sont déroulés dans une atmosphère pesante.
Loupé sur les engrais
Dès le jour de l’inauguration du Salon, le samedi 21 février, Emmanuel Macron a ainsi annoncé aux 5 associations spécialisées de la FNSEA que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), en vigueur depuis le 1er janvier dernier, ne serait pas suspendu pour les engrais. Cette suspension avait pourtant été promise le 7 janvier dernier par le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, et confirmée dans la foulée par Emmanuel Macron dans un tweet daté du même jour. La Commission européenne aurait en effet décidé, quelques jours plus tôt, de ne pas soumettre au Parlement européen cette option de suspension, pour des raisons juridiques. Pour le secteur agricole français, qui importe près de deux tiers de ses besoins en engrais, ce revirement est une bien mauvaise nouvelle. D’autant plus que les affrontements en cours au Moyen-Orient pourraient tirer les prix des engrais vers le haut, l’Iran étant l’un des principaux producteurs d’urée. Les discussions s’orienteraient donc désormais vers le versement d’une compensation. Christophe Hansen, le commissaire européen à l’agriculture, aurait évoqué l’idée d’utiliser une partie de l’argent collecté par le MACF pour la financer. Mais, à ce jour, rien n’est encore tranché.


