Conditions de semis et d’implantation
Les conditions de semis ont été globalement favorables en 2026. Les premiers semis ont débuté le 7 mars en Île-de-France et se sont achevés le 3 avril dans le Nord–Pas-de-Calais.
Cette période de semis a toutefois été ponctuée par deux épisodes pluvieux, au début de la première décade de mars puis à la fin du mois. Ces précipitations, parfois importantes, ont provoqué des reprises en masse du lit de germination, voire la formation de croûtes de battance plus ou moins difficiles à franchir par les plantules. Les gelées de fin mars n’ont en revanche pas affecté la levée des essais.
Les altises, particulièrement présentes cette année, ont été relevées dans plusieurs essais. Des interventions spécifiques ont été nécessaires et, dans un essai situé dans l’Aisne, des pertes de pieds ont été observées jusqu’au stade 6 feuilles.
La date moyenne de semis des essais s’établit au 22 mars, identique à celle de la campagne précédente. Cette précocité a permis d’obtenir un taux moyen de levée de 89 %, légèrement inférieur à celui des campagnes précédentes.
En revanche, l’indice de qualité de levée est en retrait de près de trois points par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cet indice est calculé à partir de quatre comptages réalisés par l’ITB sur l’ensemble de son réseau d’essais.
La somme de températures nécessaire pour atteindre les 80 % de la levée (hors les 10 % les plus précoces et les plus tardifs) est estimée à 67 °C-jours. Cette valeur est supérieure à la moyenne des dix dernières campagnes, mais comparable à celle observée lors d’années à semis précoces.
Les températures supérieures à 25 °C enregistrées avant la mi-juin ont permis une dévernalisation complète des betteraves.
La présence de mildiou a été observée dans plusieurs essais (voir encadré).
La couverture des rangs, atteinte à une somme de températures d’environ 1 000 °C-jours, est intervenue dès le début du mois de juin pour les essais les plus précoces. Elle présente un léger retard de quatre jours par rapport à 2025, mais une avance d’environ quinze jours par rapport à la moyenne 10 ans.
Réseau d’expérimentation 2026
En 2026, 108 essais ont été implantés par l’ITB en collaboration avec les services agronomiques des sucreries :
• Des essais en conditions de rhizomanie, dont 5 en situation de Forte Pression Rhizomanie (FPR) ;
• 21 essais ciblant la tolérance des variétés aux nématodes ;
• 14 essais conduits avec des variétés Smart désherbées avec le Conviso® One incluant des situations en présence de nématodes ou de FPR.
• Au total, 97 variétés sont évaluées cette année, dans le cadre du réseau post-inscription.
Les 7 essais observatoires implantés par l’ITB permettent d’évaluer, en l’absence de traitement fongicide :
• La tolérance variétale aux maladies foliaires ;
• La résistance génétique à la montaison.
Ces essais constituent un complément indispensable aux données de performance agronomique et contribuent à l’élaboration des indices techniques utilisés pour le calcul des CEPP (Certificats d’Économie de Produits Phytopharmaceutiques).
Résultats expérimentaux
Les tableaux suivants présentent les résultats obtenus pour l’ensemble des variétés expérimentées. Trois critères sont pris en compte :
• Le taux de levée calculé par rapport au nombre de graines semées. Il résulte d’un regroupement de 20 essais ITB-SAS pour les variétés rhizomanie, 23 essais pour les variétés nématodes, 5 essais pour les variétés rhizoctone brun et 6 essais pour les variétés Smart.
• La qualité de levée conditionne la productivité finale des betteraves. Ce critère intègre la vitesse de levée et la population finale. Il est calculé uniquement dans les essais ITB à partir de 4 comptages successifs des plantes au cours de la levée de 100 ° jusqu’à atteindre la population finale, soit 400 °. La qualité de levée est l’aire sous la cinétique de levée. Plus la valeur est élevée, plus la variété lève vite et avec un niveau de population élevé.
• La vitesse de levée est le temps thermique qui sépare les stades entre 10 % et 90 % de levée. Plus la valeur est faible, plus la variété installe 80 % de sa population homogènement. Pour ces deux derniers critères, 8 essais ITB ont été regroupés pour les variétés rhizomanie, 9 pour les variétés nématodes, 5 pour les variétés rhizoctone brun et 4 essais pour les variétés Smart.
Le mildiou de la betterave sucrière est une maladie causée par l’oomycète Peronospora schachtii.
Il attaque principalement les jeunes plantes et peut provoquer des pertes importantes de rendement lorsque les conditions lui sont favorables. La maladie se développe surtout par temps frais et humide, avec des températures comprises entre 10 et 18 °C et une forte humidité relative.
Les symptômes apparaissent d’abord sur les jeunes feuilles du cœur, qui deviennent pâles, épaissies et déformées. Un feutrage gris violacé, correspondant aux organes de fructification du pathogène, est visible sur la face inférieure des feuilles. Les feuilles atteintes jaunissent ensuite, se dessèchent et peuvent mourir. Chez les plantes plus âgées, l’infection ralentit la croissance et réduit l’accumulation de sucre dans la racine.
Le mildiou de la betterave est devenu un parasite strict, c’est-à-dire dépendant entièrement d’un hôte vivant pour sa nutrition et sa reproduction. Il est spécifique du genre Beta, et attaque les betteraves sucrières, potagères, fourragères, porte-graines, sauvages et les bettes. Malgré sa ressemblance avec les autres mildious des chénopodiacées, il s’agit donc d’une espèce différente, notamment de celle attaquant les épinards.