C’est une situation inédite. Favorisé par les conditions chaudes et sèches, Lixus juncii a fortement progressé cette année dans la plaine betteravière. Déjà responsable de dégâts en 2019 au sud de Paris, le charançon poursuit sa progression vers le Nord.

Les premières piqûres et pontes ont été observées dès la fin mai au sud de Paris et en Champagne. Depuis, les signalements se sont multipliés dans plusieurs départements.

Dans l’Oise, la Somme et l’Eure, l’ITB a signalé tout au long de l’été la présence de galeries creusées par les larves. L’institut souligne que ces larves, présentes dans les racines, provoquent des blessures susceptibles de favoriser le développement de champignons, comme le rhizopus.

Plus au sud, en Île-de-France et dans le Centre-Val de Loire, la pression est particulièrement forte. L’ITB y fait du charançon Lixus juncii « le principal point de vigilance », avec de « nombreuses émergences de jeunes adultes » et une augmentation des larves dans les collets.

Dans l’Yonne, les conséquences sont déjà particulièrement sévères. Certaines betteraves sont mortes et complètement pourries. « Des parcelles ne seront pas récoltées », témoigne Sébastien Roger, vice-président de la CGB Champagne-Bourgogne, représentant l’Yonne.

Pour l’heure, les zones les plus septentrionales semblent épargnées, d’après le réseau Alerte Charançons.

« La présence de charançons et le développement du rhizopus sont des conséquences directes de la sécheresse », a résumé Cyril Cogniard, président de la CGB Champagne-Bourgogne, le 13 août lors de la réunion Cellules sécheresse organisée par la préfecture de la Marne et de l’Aube.

En effet, les larves migrent vers la racine quand les températures sont très élevées, alors qu’elles ont tendance à rester au niveau des pétioles et des collets quand il y a de l’humidité. Les galeries creusées dans la racine sont alors une voie d’entrée pour les micro-organismes responsables du pourrissement, essentiellement le champignon rhizopus qui est susceptible d’entraîner des pertes de rendement allant jusqu’à 50 %.

« À ce jour, il n’existe pas de méthode efficace de lutte contre Lixus juncii », affirme l’ITB.

Comment surveiller ses parcelles ?

Pour savoir si le charançon est présent, il faut aller dans les champs et couper quelques collets afin de repérer les galeries creusées par les larves.

On peut aussi suivre la pression de l’insecte avec l’outil de suivi “Alerte Charançons“ disponible sur le site Internet de l’ITB. La carte est interactive et accessible gratuitement. Elle est actualisée quotidiennement et donne également accès à la dynamique du bioagresseur pour chaque parcelle.

> Pour en savoir plus : consulter la fiche de l’ITB sur le charançon