Des variables agronomiques et météorologiques au cœur du modèle ITB

L’ITB développe actuellement un outil d’aide à la décision visant à accompagner les agriculteurs dans la gestion de la cercosporiose, principale maladie foliaire de la betterave. L’objectif est de prédire le niveau de risque infectieux et d’aider à la prise de décision à l’échelle de la parcelle. Pour cela, le modèle de prédiction intègre plusieurs paramètres agronomiques et climatiques : conditions météorologiques, localisation des parcelles, tolérance des variétés semées, dates de semis et dates de traitement.

Des données de calibration plus nombreuses pour des prédictions plus précises

Afin de prédire le plus fidèlement possible la dynamique de la cercosporiose, il est primordial de disposer d’un jeu de données de calibration riche et fiable. Pour cela, l’ITB s’appuie sur le suivi, chaque année, d’une cinquantaine de parcelles dans le cadre du réseau de suivi biologique du territoire, et ses essais fongicides et variétés (figure 1). Le modèle ITB est calibré à partir de données collectées depuis 2018. L’ajout des observations de 2025, aux conditions climatiques particulières, permet désormais au modèle de mieux prendre en compte les fortes chaleurs et donc de mieux prédire le développement de la cercosporiose dans des contextes similaires.

Des modèles basés sur de nouvelles méthodes

Lors de la construction de son outil, l’ITB a testé de nombreux formalismes allant de modèles mécanistes basiques à des techniques d’apprentissage automatisé (« machine learning ») plus complexes. Les modèles mécanistes présentent l’avantage de s’appuyer sur les connaissances biologiques de la maladie, tandis que les approches d’intelligence artificielle permettent d’exploiter les interactions complexes entre les variables. Ces nouvelles méthodes permettent d’améliorer les performances des modèles plus classiques.

Cette année, le nouvel outil ITB est en phase de test

Cette année, l’outil ITB de gestion de la cercosporiose sera testé par la filière ainsi que par un groupe de testeurs. Ces utilisateurs ont pour mission d’évaluer l’ergonomie de l’outil actuellement développé par l’ITB, ce qui aidera à l’améliorer. Un panel d’essais comparatifs de différents OAD est aussi mis en place par l’ITB et la filière lors de la campagne betteravière 2026. Le modèle continuera d’être actualisé chaque année afin d’intégrer de nouvelles observations pour prendre en compte les phénomènes climatiques atypiques et la sensibilité variétale.

L’ITB et les API

De l’anglais « Application Programming Interface », une API désigne la façade informatique d’un service. Lorsque l’on parle d’API, il ne s’agit pas d’un logiciel ou d’une norme mais d’un logiciel conçu pour pouvoir être utilisé facilement par d’autres ordinateurs. Une API n’est donc pas visible par les utilisateurs lambda mais permet de faire communiquer efficacement des services entre eux, souvent par Internet.

Comme du ciment entre des briques, les API permettent d’associer plusieurs fonctions et de former des outils plus complexes et robustes.
Par exemple, la carte Alerte Maladies fait appel à une API pour récupérer les observations du réseau de suivi biologique du territoire, qui utilise lui-même des API pour gérer l’enregistrement des mesures terrain.

L’ITB n’est pas uniquement utilisateur d’API ; l’Institut s’est approprié la technologie pour pouvoir interfacer et diffuser ses propres modèles (phénologie, prévision du risque de ravageurs, etc). Par exemple, le modèle de prévision de la cercosporiose a ainsi été encapsulé pour pouvoir être relié plus facilement à un fournisseur de données météo et aux informations parcellaires. Pour l’instant uniquement utilisés en interne, ces liens permettent de faire fonctionner certains de nos OAD. À terme, l’expertise de l’ITB pourra être diffusée à des outils partenaires en ouvrant un accès externe.

Reconnaître les symptômes et choisir la bonne stratégie de protection

L’ITB accompagne les agriculteurs dans la gestion de la cercosporiose. Retrouvez sur itbfr.org, avec le QR code ci-dessous, un article présentant des photos des symptômes de la cercosporiose ainsi que des maladies foliaires avec lesquelles il ne faut pas la confondre. L’ITB rappelle également ses recommandations concernant les seuils d’intervention.