Depuis plusieurs semaines déjà, tous les acteurs de notre filière alertent, ITB en tête, sur la nécessité de réduire voire d’éliminer les réservoirs viraux : repousses de betteraves sur les cordons de déterrage ou dans les céréales, couverts intermédiaires, en particulier ceux contenant de la phacélie.
Chacun garde en tête les ravages causés par la jaunisse dans nos parcelles de betteraves en 2020, puisque cette année-là, aucune région n’avait été épargnée, même si certaines avaient été nettement plus impactées que d’autres.
Cette catastrophe a notamment permis la mise en place d’un ambitieux programme de recherche sur la jaunisse de la betterave : le Programme National de Recherche et d’Innovation (PNRI). Plus de cinq ans après, la connaissance a beaucoup progressé. Ces travaux ont mis en évidence l’existence de plusieurs réservoirs viraux dans la plaine betteravière, qui participent à entretenir la menace sanitaire : ces réservoirs identifiés sont des plantes sur lesquelles les pucerons vont venir se charger en virus, les transformant en autant d’agents contaminants de nos parcelles de betteraves.
Il importe que chaque betteravier intègre le résultat des recherches à ses pratiques et applique systématiquement les mesures préventives afin de diminuer les réservoirs viraux, dès les semis : une partie de la solution est entre nos mains et se joue maintenant ! Bien sûr, c’est une contrainte supplémentaire, mais nous devons nous y astreindre pour le bien collectif, pour préserver nos récoltes, celles de nos voisins et de nos bassins betteraviers.
A défaut de disposer des mêmes moyens de protection que nos voisins européens, notre boite à outils pour lutter contre les pucerons a été renforcée en 2026 : nous disposons toujours du Teppeki (1 passage) et la dérogation pour le Movento (2 passages) vient tout juste d’être donnée. S’y ajoute une dérogation pour un nouveau produit, le Verseon (1 passage), dont la substance active est le dimpropyridaz et dont l’homologation est en cours au niveau européen.
Si nous ne pouvons contrôler ni la date d’arrivée des pucerons, ni l’intensité de leurs vols, les travaux de recherche nous fournissent des leviers de prévention et de protection, très concrets, à actionner pour réduire le risque jaunisse. Chaque betteravier a le devoir d’adopter ces bonnes pratiques pour casser la dynamique des virus de la jaunisse et sécuriser les rendements betteraviers de tous.


