« Sans réponse à la crise céréalière, nous serons obligés de reprendre les mobilisations là où nous les avons laissées. » Voilà la promesse formulée par Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, lors du 80e congrès du syndicat organisé les 1er et 2 avril à Caen. La liste des sujets de mécontentement est longue. La prise en charge de 30 centimes sur le litre de GNR et l’autorisation du recours à l’acétamipride font partie des revendications exprimées par Arnaud Rousseau. « Aucun des textes agricoles portés ces trois dernières années n’a vraiment atterri au niveau de l’ambition et des promesses faites aux agriculteurs. La loi d’urgence agricole est un signal positif, n’en faisons pas un nouveau rendez-vous manqué », appelle Arnaud Rousseau, qui se montre par ailleurs très peu convaincu par les dernières annonces gouvernementales pour soutenir les agriculteurs face aux conséquences du conflit au Moyen-Orient. « Je l’ai dit lundi dernier au Premier ministre, lors de notre échange : c’est se moquer des agriculteurs que de proposer des dispositifs de report de cotisations sociales, d’étalement d’échéances ou de mise en place de prêts à court terme. À quand un plan d’accompagnement à la hauteur du désespoir des céréaliers ? », interroge-t-il.

Le syndicat, qui a rédigé un document résumant sa vision stratégique pour 2027, a clairement identifié l’élection présidentielle comme une échéance stratégique.

Au niveau européen, le président du syndicat a longuement dénoncé, pêle-mêle, l’application anticipée de l’accord avec le Mercosur, la signature d’un accord de libre-échange avec l’Australie ou encore la volonté de Bruxelles de renationaliser la PAC. « L’acte de production doit être mis au cœur du projet politique de la France et de l’Europe », défend Arnaud Rousseau, qui plaide également en faveur d’une réciprocité commerciale et d’un investissement massif dans l’innovation et la compétitivité. Quant au sujet épineux du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), le syndicat continue de demander sa suspension pour les engrais. Le 30 mars, lors d’un Conseil des ministres de l’Agriculture à Bruxelles, la France a renouvelé sa demande en ce sens… qui n’a cependant pas abouti. « 14 états membres se sont ralliés à ma position, mais le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen s’est une nouvelle fois montré réticent à cette idée. Je ne lâche rien ! », a assuré Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, lors de sa prise de parole.