Vivagro change de modèle. Depuis sa création en 2007, cette PME familiale française s’est développée dans le biocontrôle, la biostimulation et les adjuvants, en s’appuyant notamment sur la recherche et la mise en marché. La fabrication de ses produits était jusqu’ici confiée à des partenaires.

L’opération porte sur l’entreprise bretonne Techsealab, qui travaille sur les biotechnologies marines dans le Finistère. André Yvin, fondateur de Techsealab, reste aux commandes de la société, dont le nom et l’implantation sont conservés. En prenant la majorité de Techsealab, le 1er août 2026, Vivagro intègre pour la première fois un site de production à son organisation.

Derrière ce rapprochement, il y a surtout une question de maîtrise de la matière première. « Des algues, on peut en acheter partout dans le monde : en Chine, au Canada, en Afrique du Sud… Mais nous voulions absolument sécuriser un actif territorial français », explique Fabrice Lemarchand, cofondateur et directeur général de Vivagro. Avec Techsealab, l’entreprise récupère un outil de production et un accès direct à une filière bretonne de récolte.

La biostimulation représente aujourd’hui 20 % du chiffre d’affaires de Vivagro, derrière le biocontrôle (50 %) et les adjuvants (30 %). Le marché français reste très fragmenté, avec plus de 120 acteurs référencés en grandes cultures. Vivagro, actuellement dixième sur le marché des céréales avec environ 3 % de part de marché, vise le Top 5 dans les trois prochaines années.

L’algue comme point d’entrée

Le groupe mise notamment sur les extraits d’Ascophyllum nodosum. « Cette algue est soumise au rythme des marées : plusieurs fois par jour, elle passe de l’immersion complète à l’exposition au soleil. Ce stress permanent l’amène à produire des acides aminés et des osmorégulateurs pour s’adapter à son environnement, ce qui en fait l’une des algues sauvages les plus riches en composés actifs », explique André Yvin. L’un des débouchés mis en avant concerne la gestion des stress provoqués par les herbicides. « L’herbicide apporte un stress important à la culture. L’algue permet à la plante de digérer l’herbicide plus facilement et de repartir plus vite », indique Johan Rigaud, directeur commercial France de Vivagro.