Les années se suivent et ne se ressemblent pas, pour les producteurs de pommes de terre. Après une récolte 2025 largement excédentaire, la filière pourrait connaître, en 2026, ses plus faibles rendements depuis 30 ans. Les projections de l’UNPT, précisées dans un communiqué daté du 24 août, misent ainsi sur un rendement moyen national en pomme de terre de consommation d’environ 37,4 t/ha, contre 43,5 t/ha en 2025 (-14 %), et 43,1 t/ha en moyenne quinquennale (-13 %). En cause, notamment, le déficit hydrique causé par les cinq épisodes caniculaires successifs des derniers mois. A cela s’ajoute le recul des surfaces opéré cette année, d’environ 10 % en France, qui tire la production vers le bas. « La combinaison des deux facteurs entraînerait une baisse massive de la production française de l’ordre de -23 % en un an, soit près de 2 millions de tonnes de pommes de terre de consommation en moins qu’en 2025 », souligne le syndicat.
Des pertes chiffrées à 400 M€
Les conséquences économiques s’annoncent lourdes, l’UNPT estimant les pertes pour les producteurs à hauteur de 400 M€. Le syndicat demande d’ores et déjà à l’État de prévoir un dispositif de soutien pour les agriculteurs les plus touchés. « Les choix d’assolement pour 2027 sont en cours. Il faut donner aux producteurs les moyens suffisants d’assurer la continuité de leur activité », ajoute le syndicat.
En attendant, l’UNPT appelle à répercuter sur l’ensemble de la chaine de valeur l’impact de cette « chute sans précédent de la production française ». « La baisse brutale des rendements et des volumes disponibles (..) ne peut conduire à concentrer sur les seuls producteurs les conséquences économiques désastreuses de cette situation exceptionnelle. » De même, le syndicat prévient qu’il « n’acceptera pas que les producteurs soient contraints de racheter ou compenser à leurs frais sur le marché libre des volumes qu’ils n’ont pas pu produire du fait des conditions climatiques exceptionnelles ».
L’UNPT plaide également en faveur d’une adaptation des cahiers des charges et des critères de réception, la récolte s’annonçant hétérogène en termes de calibres ou de teneurs en matières sèches, pour valoriser au mieux les volumes disponibles.