vendredi 16 novembre 2018

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Les productions de grandes cultures en forte baisse sur 2018

Sous l’effet des conditions climatiques estivales et automnales, les productions de céréales, oléoprotéagineux et pommes de terre sont en nette diminution, selon le ministère de l’Agriculture. En betteraves, la récolte est également annoncée en fort recul, de 15,4 % par rapport à 2017, pour s'établir à 39,2 millions de tonnes, avec un rendement à 80,9 t/ha (-15,1 % par rapport à 2017).

Les productions françaises de grandes cultures sont en berne cette année. Selon les estimations du ministère de l’Agriculture au 1er novembre 2018, dans sa note de conjoncture Agreste, les surfaces sont globalement en retrait de 1,2 % mais c'est principalement la baisse des rendements qui explique le recul des productions, à cause des conditions climatiques de l'été et de l'automne.

Un recul de 6,6 % pour le blé tendre

Selon les derniers chiffres recueillis par Agreste, la récolte française de céréales recule de 6 millions de tonnes (Mt) par rapport à 2017 dont une baisse de 2,4 Mt pour le blé tendre et de 2,1 Mt pour le maïs. La production de blé tendre s'établirait à 34,1 Mt en diminution de 2,4 Mt en un an. Elle baisserait de 6,6 % par rapport à 2017 et de 4,8 % par rapport à la moyenne 2013-2017. Le rendement moyen atteindrait 69,7 q/ha, en baisse de 4 q/ha en un an. La récolte de blé dur serait, elle, en repli de 16,9 % sur un an pour s'établir à 1,8 Mt. La production d’orges est estimée à 11,2 Mt, en
diminution de 7 % sur un an et de 2,5 % par rapport à la moyenne 2013-2017. Ce recul est pour l'essentiel dû à la baisse des surfaces de 6,7 %, qui touche toutes les régions productrices. Le rendement du maïs est estimé en baisse de 14,3 % par rapport à 2017, à 88 q/ha. La baisse de rendement est généralisée à tout le territoire. La production de maïs grain (y compris semences) est estimée à 12,5 Mt (-14,3 % sur un an et -15,3 % par rapport à la moyenne 2013-2017). La production de maïs fourrage serait, elle aussi en baisse, de 9,8 % à 17,2 Mt.

15,4 % de baisse en betteraves

La production de betteraves s'établirait à 39,2 Mt, en recul de 15,4 % par rapport à l’an passé, à cause de la sécheresse. Elle resterait cependant en progression de 5,3 % sur la moyenne quinquennale 2013-2017. Les surfaces restent à un niveau élevé (484 000 ha) atteint l'année précédente à la suite de la fin des quotas sucriers. Le rendement est en fort recul à 80,9 t/ha en 2018 (-15,1 % par rapport à 2017) du fait de la sécheresse et des maladies. « Il faut remonter à 2006 pour trouver un rendement plus bas », note le ministère de l’Agriculture.

Chute de 8,5 % pour la récolte de colza

Les oléagineux et protéagineux voient leur production baisser respectivement de 0,8 et 0,2 Mt. Au 1er novembre, la récolte de colza est estimée à 4,9 Mt contre 5,4 Mt en 2017 (- 8,5 % sur un an et - 3,2 % par rapport à la moyenne 2013-2017). Les surfaces ont augmenté de 14,3 % sur un an, mais les rendements sont très affectés par les conditions climatiques qui ont gêné la floraison du colza et favorisé les maladies et les ravageurs : - 20 % par rapport à 2017. Le rendement du tournesol s’établirait à 22,5 q/ha. La récolte de protéagineux baisserait de 21,1 % sur un an sous l'effet d'une baisse significative des surfaces alors même que les rendements sont en hausse, selon Agreste.

Enfin, la production de pommes de terre de conservation et de demi-saison serait en recul de 5,7 % sur un an mais resterait supérieure de 7,4 % à la moyenne 2013-2017. Le rendement moyen recule à 41,3 t/ha contre 45,8 t/ha en 2017.

A.C.

 


14 novembre 2018

Récolte : des feuilles de betteraves dans le méthaniseur

En Alsace, un entrepreneur de travaux agricoles propose de récolter les feuilles de betteraves pour conserver les cannes de maïs destinées aux méthaniseurs.

Il y a 40 ans, nous récoltions les feuilles et les collets pour alimenter les bovins. Les éleveurs ont ensuite délaissé cette pratique pour éviter les problèmes liés aux teneurs en bactéries butyriques trop élevées dans le lait », explique Claude Lawi, entrepreneur à Bolsenheim (Bas-Rhin). Aujourd’hui, les feuilles servent à couvrir les cannes de maïs destinées à la méthanisation. Cette année, elles sont très sèches et il y a même eu des départs de feu dans des silos bâchés. L’avantage des feuilles de betteraves est d’apporter de l’humidité. « Notre première idée était de couvrir les cannes de maïs par du fumier, mais nous craignons de ne pas en avoir assez. Nous avons donc décidé de mettre une couche de 40 cm de feuilles de betteraves », explique Régis Husse, président du collectif de 14 agriculteurs, qui porte un projet de méthanisation à Wittersheim. Le silo de cannes de maïs ainsi protégé sera disponible au début d’année 2020, lorsque le méthaniseur sera mis en route. Il avalera 17 000 t de fumier, 7 000 t de maïs, 6 000 t de Cive, 6 000 t d’herbe et 1 000 t de pulpes et produira 250 Normo m3 de gaz qui seront injectés dans le réseau. La machine de Claude Lawi récolte les feuilles pour trois méthaniseurs en Alsace, ce qui représente entre 100 et 150 ha de betteraves.

L’entrepreneur facture la récolte des feuilles 20 €/ ha. Les agriculteurs doivent mettre à disposition 2 bennes supplémentaires pour cette opération. « Le montage du récupérateur sur l’effeuilleuse se fait en 10 à 15 minutes grâce à 3 attaches automatiques et 2 raccords hydrauliques », assure Claude Lawi, qui a acheté ce matériel en Allemagne auprès de la société Holmer. Le constructeur déclare que ce système de récupérateur de feuilles est adaptable sur toutes les Terra Dos T 3 et T4 équipées d’une effeuilleuse combinée avec vis sans fin. « Son prix est de 9 000 € », confie Rafael Zakrzewski, le directeur commercial d’Holmer.

François-Xavier Duquenne

 

 


7 novembre 2018

Betteraves : les rendements décrochent

La sécheresse, après avoir sévi tout l’été, continue de peser fortement sur le développement des racines de betteraves en ce début d'automne.

Les prévisions de rendements en betteraves sont en constante diminution, au fur et à mesure que la campagne d’arrachage avance. Les modèles prévisionnels de la CGB, qui s’appuient sur les résultats des prélèvements, anticipaient fin août des rendements en betteraves de 86 t/ha à 16°S, puis 85,3 t/ha fin septembre. La tendance à la baisse s’accentue encore sur les 15 premiers jours d’octobre.

« Parviendrons-nous aux 80 t/ha ? », s’inquiète Éric Lainé, le président de la CGB. Mais surtout, les résultats sont très hétérogènes, avec parfois des chiffres catastrophiques selon les régions. Cette année, le rendement se forme principalement grâce à une bonne richesse en sucre, qui s’établit actuellement un peu au-dessus de 19°S. Enfin, les pluies qui pourraient désormais survenir dans les prochaines ne seront peut-être pas bénéfiques puisqu’elles auraient pour effet une chute du taux de sucre, provoquant par la même la repousse des feuilles, sans que la racine n’ait le temps de reprendre du poids.

F.-X. D.


22 octobre 2018

Betteraves : la cercosporiose explose

La cercosporiose est en passe de devenir l’ennemi public numéro un pour les betteraviers.

 

Les attaques de cercosporiose sont particulièrement fortes cette année. Elles ont été très précoces en juin, puis ont été ralenties en juillet août. Mais la maladie est repartie de plus belle en septembre. Cette recrudescence par foyer est liée aux nouvelles conditions climatiques fraîches et humides le matin, puis chaudes l’après-midi. « Il y a de la cersporiose partout, même en Normandie », constate le président de l’ITB, Alexandre Quillet.

Les régions les plus touchées sont le sud de Paris, la Champagne, l’Aisne, Alsace et les Limagnes. Dans les Limagnes et en Alsace, la cercosporiose devient le premier souci. « L’application de produits à base de cuivre n’est plus suffisante », indiquent certains planteurs, qui se sentent démunis.

Les périodes de temps sec ont favorisé le développement des teignes, notamment en Centre Val de Loire, en Champagne et en Alsace ; leurs dégâts et les températures élevées sont favorables à l’infection par le Rhizopus. « Les charançons sont toujours présents en Limagnes avec probablement le développement de 2 générations », pointe le département technique de la CGB. Leur présence est également signalée dans l’Yonne.

La campagne est décidément bien difficile.

 

François-Xavier Duquenne


11 octobre 2018

Holmer et Ropa s’expliquent sur le coût des arracheuses

Les acheteurs d’arracheuses de betteraves ont constaté une augmentation des prix ces dernières années. Les représentants d’Holmer et de Ropa donnent des éléments d’explication.

Le prix des intégrales a subi une hausse de 35 à 55 % sur les 10 dernières années et celui des automotrices de 89 % en 15 ans (sources ITB, barème d’entraide et CDER). « Le coût d’arrachage, main-d’œuvre comprise, représente 40 % du coût de l’itinéraire technique », explique Francky Duchateau, économiste à la CGB. Nos partenaires fournisseurs doivent être conscients que la seule recette betteravière permet tout juste de couvrir la totalité des coûts de production ».

Les constructeurs de machines ne nient pas que les prix aient augmenté. Sébastien Dillies, responsable marketing et communication Ropa France, et Rafael Zakrzewski, directeur commercial de Holmer, expliquent ces augmentations par les normes antipollution, le prix des composants, l’augmentation de la puissance des moteurs et l’amélioration de l’automatisme.

Selon Rafael Zakrzewski, les augmentations de prix sont derrière nous. « En 2013, les automotrices étaient vendues entre 180 000 et 220 000 €. La dernière automotrice produite, la Lectra V 3, coûtait 240 000 € : elle était équipée d’une nouvelle motorisation aux normes et d’un nouveau système hydraulique. Les petites intégrales Agrifac sont arrivées en 2013 autour de 320 000 €. À partir de 2015, l’équipement en pneu basse pression a engendré un surcoût de 5 000 à 6 000 €. En 2016 elle atteignait un prix de vente moyen de 345 000 €.

Pour la Terra dos T 3, le prix de vente était de 420 000 € en 2015. Elle a été remplacée par la T 4-30 dotée d’un nouveau moteur consommant moins (40 l/heure). Son prix était de 440 000 € en 2016, il est de 446 000 € aujourd’hui. Depuis 2016, les prix ont très peu augmenté. »

De son côté, Sébastien Dillies, explique que les nouvelles Ropa n’ont plus les mêmes performances qu’avant : « il n’est pas rare de trouver des intégrales qui arrachent 1 000 ha par an. La durée de vie des machines est plus longue, l’amortissement peut être allongé. Nous reprenons parfois des machines trop belles pour être dépréciées ». C’est pourquoi Ropa propose également des machines ayant 5 à 6 campagnes révisées et reconditionnées avec des garanties pièces et main-d’œuvre. « C’est une bonne formule pour des groupes d’agriculteurs arrachant 200 à 400 ha. »

F.-X.D.


10 octobre 2018

Cristal Union prévoit « une campagne plus courte que l’an passé »

« Le démarrage de la campagne, bien que délicat, a été réussi sur l’ensemble du groupe », explique Cristal Union. Le groupe prévoit que la récolte sera très hétérogène entre les secteurs d’un même bassin betteravier.

Les sucreries de Cristal Union tournent désormais à plein régime. Les 10 usines du groupe ont lancé le démarrage de leur activité entre le 14 et le 26 septembre, Fontaine-le-Dun (Seine-Maritime), ayant été la première, et Erstein (Bas-Rhin), la dernière.

Des arrachages difficiles

Sur le plan agricole, « au regard des conditions météorologiques difficiles de cet été, le démarrage de la campagne, bien que délicat, a été réussi sur l’ensemble du groupe. (…) Les adhérents ont fait preuve d’un engagement particulièrement important pour s’adapter aux conditions sèches et ont mené des opérations, dans certains secteurs quand cela était possible, pour faciliter les arrachages », souligne Cristal Union dans un communiqué du 27 septembre. Le groupe a retardé d’une dizaine de jours le démarrage des campagnes dans les différents secteurs du fait des conditions météorologiques qui rendent les arrachages difficiles. « En raison de la sécheresse sévère en Champagne et au sud de Paris, la récolte sera hétérogène entre les secteurs et entre communes d’un même bassin betteravier. Le rendement sera vraisemblablement légèrement inférieur à la moyenne des 5 dernières années. Cependant les tonnages moindres pourraient être compensés par la plus forte concentration en sucre des betteraves qui a été favorisée par la chaleur », détaille le groupe coopératif, qui prévoit « une campagne un peu plus courte que l’an passé ».

La cogénération inaugurée à Sainte-Emilie

Du côté industriel, Cristal Union affirme que « tous les sites sont montés rapidement en cadence avec de très bons niveaux de performance notamment sur les sites de Bazancourt, Fontaine-le-Dun et de Sainte-Emilie ». Tenant compte du contexte économique difficile, le groupe a ralenti ses investissements tout en poursuivant sa démarche de transition énergétique. Après trois ans de projet, la sucrerie de Sainte-Emilie inaugure pour cette campagne 2018 un système de cogénération « ultramoderne » permettant de produire simultanément de la chaleur et de l’électricité avec un rendement optimum. 2018 marque ainsi la fin de l’utilisation du fuel lourd comme énergie primaire chez Cristal Union.

A.C.

 


28 septembre 2018
Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.