lundi 14 octobre 2019
Avec l’aide de ses groupements de producteurs partenaires, Bonduelle déploie des méthodes d’agroécologie pour être plus respectueux de l’environnement et moins sensible aux aléas climatiques. Avec l’aide de ses groupements de producteurs partenaires, Bonduelle déploie des méthodes d’agroécologie pour être plus respectueux de l’environnement et moins sensible aux aléas climatiques. ©Bonduelle / N. Blandin

La sécheresse n'a pas épargné Bonduelle en 2018

Le groupe nordiste a vu son activité rester stable pour 2018-2019, victime d’aléas climatiques sur ses productions mais aussi de difficultés commerciales sur certains marchés.

Année en demi-teinte pour le géant français des légumes. Au cours de son exercice 2018-2019 clos au 30 juin, le groupe Bonduelle a réalisé un chiffre d’affaires de 2,777 Md€, stable par rapport à l’année précédente (2,776 Mds€). Le résultat opérationnel s’est élevé à 123,7 M€ contre 123,6 M€ en 2017-2018, tandis que le résultat net, tout aussi stable, s’est établi à 72,6 M€ contre 72,3 M€ en 2017-2018. « La rentabilité a été inférieure à ce que nous souhaitions délivrer sur l’exercice. Mais le groupe est en bonne santé financière, avec un endettement maîtrisé et un chiffre d’affaires et un résultat à un plus haut historique », a affirmé le 30 septembre, Grégory Sanson, le directeur général adjoint du groupe, en charge des finances et du développement.

Agroécologie

Ce tassement des performances s’explique par deux raisons principales. La sécheresse qui a touché tout l’hémisphère Nord en 2018, avec de fortes périodes de chaleur, du Canada à la Russie, en passant par la Picardie, est l’une d’entre elles. Cet épisode a entraîné une baisse de la quantité des récoltes et leur renchérissement. Bonduelle estime le coût de cet aléa climatique sur ses comptes à 8 M€. L’année 2019 pourrait aussi poser des problèmes, même si le groupe estime qu’il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences. Afin de réduire son exposition aux risques climatiques, le groupe dit travailler sur de nouvelles techniques agricoles. « Nous engageons des actions de long terme, comme l’emploi de variétés plus résistantes au stress hydrique et à la chaleur, des pratiques agroécologiques pour limiter l’érosion, comme l’emploi de strip-till et de couverts végétaux entre deux cultures, permettant de garder l’humidité des sols », a expliqué Guillaume Debrosse, le directeur général de Bonduelle. Le déplacement de certaines cultures vers des zones plus humides, comme la côte atlantique, a aussi été opéré, tout comme le déploiement du goutte à goutte dans les cultures.

Difficultés aux États-Unis

Mais, surtout, des difficultés commerciales sur certains marchés ont touché l’activité du groupe durant l’exercice. Aux États-Unis, la crise sanitaire générée par la découverte de bactéries E. Coli dans des salades a contracté le marché, alors même que Bonduelle n’était pas concerné. La perte d’un gros client distributeur dans ce même marché des salades fraîches a également eu des conséquences fâcheuses pour le groupe. Bonduelle estime avoir perdu près de 100 M€ de chiffre d’affaires aux États-Unis sur l’exercice. Parallèlement, le groupe a su tirer profit de ses dernières acquisitions. La marque Del Monte au Canada et les d’outils de conditionnement et de transformation de légumes surgelés aux États-Unis (Lebanon) et en Russie (Belgorod) ont apporté un chiffre d’affaires supplémentaire de 32,7 M€ sur l’exercice. Pour l’an prochain, Bonduelle reste prudent. Il prévoit un chiffre d’affaires en hausse de 2 à 2,5 %, mais une rentabilité en baisse de 5 à 6 % à cause de la perte de clients distributeurs importants aux États-Unis et en Allemagne.

Adrien Cahuzac

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