Baisse de surfaces, revenus dans le rouge,…. Les filières de grandes cultures (blé, maïs, betteraves, oléoprotéagineux, pommes de terre) avaient tirer la sonnette d’alarme sur « l’effondrement économique » de leurs productions en amont du SIA, où elles espéraient des réponses du Gouvernement. « Nous avons présenté ces éléments au président de la République, samedi, et au Premier ministre cet après-midi. Les réactions ont été extrêmement décevantes », résume Eric Thirouin, le président de l’AGPB, lors d’une conférence de presse organisée le 24 février, quelques heures après les échanges avec Sébastien Lecornu.

Pas de suspension du MACF pour les engrais

Premier coup de massue : contrairement à ce qu’Emmanuel Macron avait confirmé dans un tweet du 7 janvier, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les engrais ne sera pas suspendu. La taxe, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, restera donc en vigueur. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne a en effet décidé, la semaine dernière, de ne pas soumettre au Parlement européen, comme cela était intialement prévu, cette option de suspension.

Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu auraient indiqué que la France allait donc travailler à la construction d’un mécanisme de compensation. « Nous n’avons aucune information sur les modalités ou le montant de cette compensation, c’est pitoyable », fustige Eric Thirouin. Selon les chiffres avancés par les associations spécialisées de la FNSEA, cette taxe entraînerait un surcoût de l’ordre de 13 euros/ha. Ce montant aura quasiment doublé d’ici à 2034, le montant de cette taxe étant exponentiel. Les filières doivent rencontrer, le 25 férvier, le commissaire européen à l’agriculture.

Une loi de simplification, et non d’urgence

Par ailleurs, alors que le calendrier initial annoncé par le Premier ministre n’était déjà pas tenu, le texte devant être finalisé pour le SIA, les représentants des producteurs de grandes cultures ont appris que la loi d’urgence avait été renommé « loi de simplification ».. et que le volet « moyens de production » avait été retiré. « Des engagements avaient été pris, mais la parole n’a pas été tenue, regrette Franck Sander, le président de la CGB. Il faut arrêter de jouer avec le monde agricole, qui a besoin de cette loi d’urgence. Nous attendons beaucoup plus de la parole publique. »

La déconvenue est de mise également, sur le sujet de l’eau, où plusieurs annonces avaient été faites, dont la mise en place d’un moratoire sur les décisions concernant cet enjeu. Pour l’heure, aucune annonce n’a été faite dans ce sens.

Vers de nouvelles manifestations ?

« Nous sommes déjà sortis plusieurs fois dans la rue, nous avions eu des engagements à avoir des réponses, mais le seul retour que nous avons eu est une promesse de travailler sur le fond. Mais cela a déjà été fait ! La parole publique doit être transformée en acte concret et législatif. La confiance est en train de totalement s’éroder », déplore Geoffroy d’Evry, le président de l’UNPT.

Sébastien Lecornu devrait être de retour dans les allées du Salon le jeudi 26 février. « Peut-être aurons-nous enfin de vraies annonces…, espère Franck Sander. Ce qui est sûr, c’est que nous n’allons pas nous coucher, nous devons maintenir la pression. »