Après la pluie, le beau temps – et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle ! Si le froid et les précipitations de la fin mars ont menacé les levées de betterave, les températures plus clémentes de début avril ont largement favorisé l’arrivée dans les champs, des pucerons verts vecteurs de la jaunisse. Une majorité de parcelles au stade deux feuilles sont désormais concernées. Au 22 avril, en Centre – Val de Loire, 21 % des parcelles suivies par l’Institut technique de la betterave (ITB), semées avant le 10 mars, dépassent le seuil de renouvellement T2. Dans la zone Île-de-France, ce chiffre est de 19 %, pour les mêmes dates de semis. Un troisième traitement est même préconisé dans l’Essone, selon la carte en ligne sur le site de l’ITB. Dans ce cadre, l’institut technique appelle vivement à renforcer la surveillance, et à intervenir dès que 10 % des betteraves sont colonisées par un puceron vert aptère. Ce seuil vaut également pour les pucerons noirs, en cas de présence cumulée avec des pucerons verts. Le traitement recommandé est, en première intervention, le Teppeki (0,14 kg/ha + huile 1 l/ha) et, en deuxième intervention, le Verseon (0,2 l/ha + huile 1 l/ha). 

Dès le 15 avril, la Confédération générale des betteraviers (CGB) s’était alarmée de « l’arrivée massive et précoce » de pucerons verts, contraignant les planteurs à traiter des betteraves à peine sorties de terre, au stade deux feuilles. Une « aberration » dénoncée par le syndicat, qui appelle les pouvoirs publics à faire évoluer la loi française, pour permettre aux producteurs d’avoir accès à des moyens de lutte efficaces, à savoir la flupyradifurone en enrobage de semences, et l’acétamipride en aspersion. Pour l’heure, le Gouvernement semble s’opposer à l’intégration de ces enjeux dans la loi d’urgence agricole, comme le demande le sénateur Duplomb, auteur d’une nouvelle proposition de loi à ce sujet. « La précocité et l’ampleur des invasions de pucerons nous inquiètent beaucoup. Sans moyen de lutte efficace contre ces fortes invasions, c’est toute la filière sucrière française qui est en péril », plaide Franck Sander, le président de la CGB.