Le premier point noir, apparu à la fin du mois d’avril à l’ouest de Fontainebleau, a rapidement fait tache d’huile. Trois semaines plus tard, les cercles violets et noirs, représentant respectivement l’atteinte des seuils de risque déclenchant un T3 ou un T4 dominent largement la carte d’observation des pucerons, mise en ligne par l’ITB (voir carte). « Faire trois insecticides en avril, ce n’est pas commun », résume Alexandre Pelé, vice-président de la CGB et planteur dans le Loiret. Depuis leur arrivée précoce dans les champs de betterave début avril, par le sud de Paris et le Centre-Val-de-Loire, les pucerons ont progressé à marche forcée, favorisés par des températures clémentes. Résultat, sur le terrain, des betteraves à peine sorties de terre, au stade deux feuilles, ont dû être traitées. Une « aberration », condamnée alors par la CGB qui, face au refus actuel du Gouvernement de se prononcer en faveur d’une autorisation de l’acétamipride ou de la flupyradifurone (voir p.8), n’a d’autres choix que de demander des dérogations, pour augmenter le nombre de traitements autorisés. Les planteurs ont obtenu le droit de continuer à utiliser du Movento (Bayer n’ayant pas demandé sa réhomologation européenne), mais aussi de pouvoir appliquer un second passage de Verseon, qui bénéficie déjà d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) dérogatoire pour cette campagne. Confirmée le 12 mai, cette dérogation porte le nombre total de traitements possibles à 5 : un Teppeki, deux Movento, deux Verseon. Enfin, depuis le 1er mai, les planteurs ont aussi à disposition un nouveau produit de biocontrôle, Armelys.
Compte tenu du nombre de betteraviers qui avaient déjà effectué trois ou quatre passages début mai, l’autorisation d’un second passage de Verseon avait tout l’air d’une bonne nouvelle. Les deux applications de ce produit ne pouvant cependant pas être consécutives, certains agriculteurs ayant déjà atteint le stade T4, et n’ayant pu anticiper l’autorisation de ce T5, n’ont peut-être pas pu tous en bénéficier.