Trois semaines après l’annonce par la Commission européenne d’un plan exceptionnel de 540 millions d’euros pour soutenir l’achat d’engrais, les producteurs français n’ont toujours aucune visibilité sur les modalités d’accès à cette aide.

Dans un communiqué publié le 29 juin, l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) interpelle le gouvernement. Son président, Éric Thirouin, déplore que les agriculteurs français attendent toujours la traduction concrète de ce dispositif européen, pourtant présenté comme une réponse à la flambée historique des prix des engrais.

Une enveloppe jugée insuffisante

Annoncé le 10 juin par la Commission européenne, le fonds de 540 millions d’euros doit permettre d’accompagner les agriculteurs dans leurs achats d’engrais afin de préserver les récoltes de l’année prochaine et, plus largement, la souveraineté alimentaire européenne.

L’AGPB estime toutefois que cette enveloppe sera limitée une fois répartie entre les États membres concernés. L’organisation rappelle également que les gouvernements nationaux ont la possibilité de compléter ce soutien par des financements supplémentaires.

À ce stade, les producteurs français ne connaissent ni le montant qui leur sera attribué, ni les critères d’éligibilité, ni l’éventuel engagement financier de l’État français.

Des moissons sous pression

Cette attente intervient dans un contexte particulièrement difficile. Les récoltes en cours sont marquées par une canicule précoce, parfois suivie d’orages violents, avec des perspectives jugées très contrastées selon les territoires.

L’AGPB souligne également que les trésoreries des exploitations céréalières restent fortement dégradées, évoquant une quatrième année consécutive de difficultés économiques.

« Dans quelques semaines, une partie de nos récoltes sera achevée et nous ne savons toujours pas si nous aurons les moyens d’acheter de l’engrais pour la prochaine campagne. C’est pourtant aujourd’hui que nous devons anticiper nos assolements et nos approvisionnements avant les prochains semis, après il sera trop tard ! » alerte le président des Céréaliers de France qui réitère les demandes de l’AGPB au gouvernement : « Notre demande est claire : la mise en œuvre immédiate du déploiement des aides européennes par des conditions simples et accessibles à tous les producteurs ».