Près de 7 000 agriculteurs européens avaient fait le déplacement le 20 janvier à Strasbourg, à la veille d’une session cruciale du Parlement européen. Les eurodéputés devaient en effet se prononcer, le 21 janvier, sur la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne concernant l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Un peu avant 13h, les résultats du vote sont tombés : avec 334 voix pour, soit seulement dix de plus que le nombre de voix contre, les députés ont validé la résolution, proposant de demander l’avis de l’instance juridique européenne sur l’accord de libre-échange avec le Mercosur, et son respect des traités européens existants. « Je vois dans cette victoire le résultat de la mobilisation sans précédent des agriculteurs en France et en Europe. Cette victoire démontre qu’il faut se battre jusqu’au bout et que notre travail syndical a du sens et paye ! », se félicite Franck Sander, le président de la CGB.

« Un répit de quelques mois »

Le temps que la CJUE rende son verdict, le processus de ratification du Parlement européen est suspendu… mais pas abandonné. « Cela nous laisse un répit de quelques mois pour enterrer, purement et simplement, le volet agricole de cet accord d’un autre temps », espère Guillaume Gandon, le vice-président de la CGB. La Commission européenne ayant déjà signé l’accord, le 17 janvier au Paraguay, la vigilance reste néanmoins de mise. « Toute application unilatérale, même provisoire, de cet accord serait inacceptable », prévient la FNSEA, qui se félicite par ailleurs de cette « victoire syndicale importante », qui ponctue deux mois de mobilisations, à Bruxelles et Paris.