L’automne hiver 2024 – 2025 s’était caractérisé par un climat très changeant, humide, défavorable aux travaux avant betterave. Pour la campagne à venir, l’état des sols est, à ce jour, nettement plus favorable (voir ci-dessous les observations par région). Les interventions profondes ont bénéficié de bonnes conditions, la pluviométrie est restée modérée, l’épisode de gel de début janvier est un facteur d’assainissement des structures. Des températures négatives ont été enregistrées une dizaine de jours consécutifs, avec des valeurs proches de -10 °C le 6 janvier en toutes régions. Il reste que l’heure des semis n’est pas encore arrivée, et la pluviométrie à venir sera déterminante pour les conditions d’implantation. Si elle reste dans la normale, l’important sera de profiter de ces bons états structuraux sans en faire trop lors des préparations : limiter le nombre de passages, un à deux, bien observer le sol avant et après l’intervention, et être attentif à ne pas trop affiner les sols limoneux ou les sols de craie, sensibles à la battance (voir figure page 12).
Adapter les préparations aux conditions de l’année
Toujours sous réserve d’une fin d’hiver « normale », le besoin de préparation pour obtenir de bonnes conditions de semis ne sera pas celui de 2025, caractérisé par une abondance de mottes. Premier objectif : préserver la bonne structure des horizons profonds. Inutile de retravailler en profondeur pour les sols labourés ou ameublis en hiver. Pour limiter les effets éventuels de tassements, les équipements pneumatiques larges ou jumelés sont à privilégier. Deuxième objectif, profiter d’une structure peu motteuse et naturellement nivelée en sortie d’hiver pour travailler de façon superficielle, sans dépasser une profondeur de 5 cm. Les observations en région montrent un risque d’excès d’affinement si le travail est trop énergique ou trop répété. Trop d’affinement expose au risque de battance, mais aussi à un ameublissement excessif et mal rappuyé sous le lit de semences, avec un risque d’enracinement perturbé dans les premiers stades de croissance de la plante.
Rappel de quelques fondamentaux
• Intervenir en sol suffisamment ressuyé pour éviter des tassements superficiels, ou des lissages. Mieux vaut être attentif lors de la préparation plutôt que constater plus tard un problème d’enracinement.
• Pas d’excès d’affinement, surtout en conditions de temps desséchant. Si on doit réaliser deux interventions, on remontera la profondeur de la deuxième intervention pour ne pas créer un horizon superficiel déstructuré, impropre au pivotement.
• Les délais entre première et deuxième intervention, ou entre intervention et semis, doivent être modulés selon le climat attendu, en évitant surtout d’espacer les interventions en conditions séchantes.
Nord-Pas-de-Calais
Les labours d’hiver sont faits dans d’excellentes conditions, temps sec, sans pluie, sans patinage, réguliers et non dressés. Ils ont bien évolué, sans reprise en masse : ce contexte laisse présager une reprise facile si la météo reste favorable.

Aisne
Les couverts ont contribué à restructurer, positif en non-labour. Sec et gel ont ouvert des opportunités de travail post labour, pour niveler avec des outils animés, interventions bénéfiques pour des préparations simplifiées.

Champagne
Tous les signaux sont au vert : couverts bien détruits, travaux profonds en bonnes conditions, bel effet du gel sans excès de pluie. Seul bémol : nécessité de reprises en amont des préparations de lits de semences dans des parcelles reverdies.

Centre-Île-de-France
Les labours d’automne en sols argileux ont bénéficié d’excellentes conditions, le gel et les épisodes de temps secs ont fissuré les mottes : perspectives des préparations aujourd’hui très bonnes.

Normandie
Les labours précoces sont beaux, pas de déstructuration ou de prise en masse des sols limoneux. Sauf évolution défavorable par excès de pluie en fin d’hiver, priorité à la limitation des préparations au strict nécessaire.

Somme/Oise
Les labours de fin d’automne sont naturellement nivelés et fragmentés. Attention : risque d’excès d’affinement à la préparation de structures de sols déjà très évoluées. Les labours d’hiver sont un peu plus motteux.

• Les travaux déjà réalisés l’ont été généralement en bonnes conditions.
• Les structures de sols observées restent aujourd’hui favorables.
• Il reste à souhaiter que de fortes pluies ne viennent pas les dégrader.


