Sur le marché mondial du maïs, les deux leaders sont les États-Unis et le Brésil. Ils produisent 570 Mt de grains (près de la moitié de la production mondiale) et en exportent 125 Mt. Mais compte tenu de leur position hémisphérique, leur campagne de commercialisation débute chaque année après leur récolte, toujours décalée de six mois.
Le Brésil doit son succès céréalier à son climat et à la possibilité de cultiver successivement du soja puis du maïs safrinha sur une grande partie de son territoire. La centaine de million de tonnes récoltées à la fin de l’hiver austral permet d’approvisionner son industrie de l’éthanol en plein essor et d’abonder le marché de l’export. Le Brésil compte vingt-quatre unités de production d’éthanol en exploitation, situées pour la plupart dans la région Centre-Ouest.
Jusqu’à quinze milliards de litres d’éthanol seraient produites d’ici la fin de la décennie. Aussi, l’expansion de la culture du maïs safrinha se poursuivra. Le marché intérieur est plus attractif question prix. Pour autant, le Brésil exportera toujours des dizaines de millions de tonnes de grains (41 Mt en 2025-2026).
Blé très satisfaisant à la sortie hiver
Selon Ukragroconsult (UAC), le blé d’hiver en dormance profonde, protégé sous une épaisse couche de neige, aurait bien supporté les températures polaires qui se sont abattues pendant plusieurs semaines sur les plaines ukrainiennes. La température critique -12 -13 °C à 3 cm de profondeur dans le sol n’aurait été franchie que dans les régions de Kirovohrad et de Dnipropetrovsk.
En France à la sortie de l’hiver météorologique, l’état des cultures du blé et de l’orge emblavés l’automne passé est très satisfaisant. Selon l’observatoire Céréobs de FranceAgriMer, plus de 80 % des conditions de culture sont bonnes ou très bonnes.
À l’heure où nous écrivons (le 2 mars), les hostilités enclenchées par les États-Unis à l’encontre de l’Iran n’ont pas d’incidences sur les prix des céréales.
En ayant franchi le seuil de 180 € la tonne, le cours du blé à Rouen a gagné quelques euros ces quinze derniers jours. La diminution des prix du maïs semble enrayée.
L’ensemble des cours des céréales est sous l’influence de plusieurs facteurs baissiers (cours du dollar américain, exportations russes prévisionnelles en 2026-2027) et haussiers (repli des surfaces de maïs implantées aux États-Unis le printemps prochain au profit du soja).
Sur les marchés du blé dur et du maïs, Ukragroconsult (UAC) attire notre attention sur les deux appels d’offres conséquents lancés par l’Arabie saoudite et l’Algérie.
L’Autorité générale de sécurité alimentaire du Royaume (GFSA) prévoit l’achat de 655 000 tonnes de blé dur destinées à la mouture.
Mais d’ici la fin de la campagne, une poignée de pays européens devrait aussi importer 500 000 t de grains et entrer en concurrence avec l’Arabie saoudite.
Or l’offre mondiale de blé dur est limitée. Chaque campagne, les échanges commerciaux avoisinent 8,5 Mt. Le Canada en exporte à lui seul 5,5 Mt. Les États-Unis et le Kazakhstan sont loin derrière (600 000 t et 500 000 t) alors que l’ensemble du bassin méditerranéen est globalement déficitaire.
À ce jour, l’Union européenne à la fois exportatrice et importatrice de blé dur, en a livré 420 000 t à cinq pays tiers dont 165 000 t à l’Arabie saoudite (190 000 t en ajoutant la semoule). Elle a aussi exporté environ 145 000 t de farine à des pays tiers.
Depuis le début de la campagne, le prix de la tonne de blé dur a perdu 50 € avant de se stabiliser autour de 235 €.
En Algérie, l’entreprise publique algérienne OAIC souhaite de nouveau acheter 50 000 t de blé de toute origine, Mer Noire et UE comprises. Ce qui porte à 600 000 t les appels d’offres lancés au mois de février, selon UAC. Toutefois, notre pays est toujours exclu. Or l’Algérie a déjà importé 850 000 t de blé (-270 000 t sur un an) et 545 000 t d’orges (+ 160 000 t sur un an) depuis le début de campagne, selon la Commission européenne.


