Au Salon de l’agriculture, Adivalor célèbre ses 25 ans avec fierté. La structure s’appuie sur 300 agriculteurs, 1 300 distributeurs et 650 industriels. L’aventure démarre en 2001 avec les emballages plastiques et les cartons de produits phytopharmaceutiques, ainsi que les produits périmés. Un quart de siècle plus tard, 25 flux de déchets sont collectés et recyclés.

Au total, en 2025, l’éco-organisme récupère 106 500 tonnes sur un gisement estimé à 130 000 tonnes. Parmi elles, 83 000 tonnes de plastiques agricoles et 23 000 tonnes d’emballages. La progression atteint 4 à 7 % selon les flux par rapport à 2024. Enfin, près de 90 % des déchets collectés sont recyclés. Le financement repose sur une éco-contribution versée par les metteurs en marché, industriels ou importateurs.

Transmettre l’engagement collectif

Ronan Vanot, directeur d’Adivalor, appelle à poursuivre l’effort collectif : « depuis 25 ans, nous construisons un partenariat solide avec nos recycleurs. Aujourd’hui, il faut franchir une nouvelle étape : transmettre cet engagement à la génération suivante. »

Mais le contexte économique se tend. Le plastique recyclé reste plus cher que le plastique vierge importé de Chine. Depuis 2023, une centaine d’unités de recyclage ont fermé en Europe, soit près d’un million de tonnes de capacité en moins.

La chute des prix accentue la pression. « Il y a quatre ans, nous étions sur une valeur positive d’un peu plus de 30 €/tonne. En 2025-2026, nous sommes sur une valeur négative de 8 €/t, explique Ronan Vanot. Forcément, cela a beaucoup d’impact sur nos coûts et sur notre équilibre économique. » Sans mesures adaptées, la circularité voulue par les réglementations et les attentes sociétales sera difficile à atteindre.

Éco-conception et qualité du tri

Face à cette situation, Adivalor active plusieurs leviers. D’abord, l’éco-conception. Les emballages doivent être plus recyclables et intégrer davantage de matière recyclée. Ensuite, les boucles fermées permettent de limiter l’exposition aux cours mondiaux du plastique. Aujourd’hui, 12 % des plastiques agricoles français contiennent déjà plus de 25 % de matière recyclée. La démarche reste plus complexe pour les bidons phyto, en raison des contraintes techniques auxquelles le plastique recyclé ne répond pas suffisamment et des résidus potentiels. Des travaux de recherche sont en cours. Enfin, la qualité du tri à la source demeure déterminante.

Christophe Grison, président d’Adivalor, souligne la résilience de la filière : « depuis 25 ans, toute une génération d’acteurs de l’agriculture s’engage pour que la filière soit toujours plus performante. Il serait dommageable que les difficultés actuelles du recyclage gâchent ces bonnes perspectives alors même que les agriculteurs sont eux aussi en grande difficulté et ont besoin de soutien. »