Un mois après la présentation de son plan d’action sur les engrais, le 19 mai dernier, la Commission européenne a annoncé, le 12 juin, la mobilisation d’une enveloppe de 540 M€, pour « aider les agriculteurs confrontés à une forte hausse des coûts » de ces intrants. Ce montant s’appuie notamment sur le renforcement de la réserve agricole, avec un abondement de 300 M€, issus du budget de l’UE pour 2026, qui vient renforcer les fonds restants. « Les États membres pourront compléter par des fonds nationaux afin de mobiliser jusqu’à 1,5 milliard d’euros d’aide sur le terrain », précise Christophe Hansen, le commissaire européen à l’agriculture.

En parallèle, Bruxelles propose des ajustements ciblés de la PAC, pour permettre aux États membres « d’apporter un soutien plus rapide et plus flexible » aux agriculteurs. Ces ajustements concernent notamment la création d’un nouveau dispositif de liquidité au titre du développement rural pour un soutien en cas de crise ; la possibilité pour les États membres d’avancer les paiements directs aux agriculteurs ; et la possibilité d’adapter leur enveloppe de paiements directs pour l’année civile 2027.

L’adoption finale de ces dispositions est prévue d’ici à la fin du mois de juillet. « J’appelle les colégislateurs à traiter (ces mesures) en urgence afin que ce soutien puisse être mis en œuvre sans délai. C’est le moment de faire le choix de notre sécurité alimentaire, de notre autonomie stratégique et de notre compétitivité », appelle Christophe Hansen.

Un signal positif mais jugé largement insuffisant

Dans un communiqué de presse diffusé dans la foulée de ces annonces, le Copa-Cogeca (1) reconnaît que ces mesures constituent « un premier pas positif », qui ne résout cependant pas « les problèmes de fond » et « ne permettent pas de faire face à l’ampleur de la crise qui pourrait frapper l’agriculture européenne dans les mois à venir ». Selon l’organisation, l’enveloppe de 540 M€ serait insuffisante, ramenée au nombre d’agriculteurs européens touchés par cette crise.

Le Copa-Cogeca regrette également que la Commission européenne ait omise, dans ces annonces, l’épineux sujet du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Les États membres ont bien voté, le 12 juin, en faveur de l’inclusion d’un mécanisme de sauvegarde, pour les engrais, dans le MACF. Mais, toujours selon le Copa-Cogeca, le seuil fixé pour activer ce mécanisme rend son déclenchement « extrêmement improbable, même en cas de fortes perturbations du marché ». Selon l’organisation, le MACF représenterait une charge de 820 M€, entièrement à la charge des agriculteurs.

(1) Syndicat des syndicats et coopératives européennes