Troisième texte sur l’agriculture en trois ans - et le cinquième en six ans -, le projet de loi d’urgence devrait probablement être « le dernier texte agricole du Gouvernement avant les élections présidentielles », mais aussi « la dernière occasion pour les agriculteurs de voir leur quotidien transformé », assure Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture. Si le premier point devrait se confirmer, le second reste plus incertain, à en croire les échos des principaux intéressés. « On se rend compte que le courage politique manque cruellement », déplore Cyrille Milard, le président de la CGB Île-de-France. Depuis le 19 mai, le texte est entre les mains des députés.
Les débats, qui devaient se dérouler pendant 4 jours ont finalement été prolongés d’une semaine - plus de 2000 amendements ont été déposés - pour un vote solennel prévu le 2 juin. Mais quel texte voteront réellement les députés dans une semaine ? C’est la question à un million, tant le texte est devenu le symbole de l’affrontement de visions opposées de l’agriculture. Dans une lettre ouverte aux agriculteurs, diffusée sur X le 7 mai, Sébastien Lecornu défendait un texte « équilibré, solide en droit, pragmatique », et appelait le Parlement à s’en saisir : « soit le débat s’éloigne de cet objectif et le texte se fragmente au point de ne plus pouvoir aboutir (…), soit un travail sérieux de compromis est mené. »