La conférence annuelle de l’Association mondiale des producteurs de betteraves et de canne à sucre (WABCG), réunie mi-juin à Helsingborg en Suède, à l’invitation de Betodlarna (la « CGB suédoise »), a permis de dresser un constat partagé par les 37 organisations membres issues de 34 pays : la situation économique des producteurs de sucre est aujourd’hui particulièrement préoccupante.
Depuis janvier 2024, les prix mondiaux du sucre ont fortement reculé pour atteindre des niveaux alarmants. Cette baisse affecte désormais l’ensemble des pays producteurs, alors même que les coûts de production demeurent élevés. Les charges énergétiques pèsent lourdement sur les exploitations, les engrais restent coûteux et leur disponibilité n’est pas toujours assurée. Dans de nombreux pays, les planteurs font face à une équation économique de plus en plus difficile.
Au-delà de l’impact immédiat sur la rentabilité des exploitations, cette situation fait peser un risque sur l’avenir de nos filières. Une réduction des investissements ou de l’utilisation des intrants pourrait affecter les rendements et fragiliser durablement la production. C’est toute la durabilité économique des filières sucrières qui est en jeu.
Face à ces défis, nous réaffirmons notre volonté d’agir collectivement autour de trois priorités.
La première concerne la mise en place de politiques publiques permettant de préserver la viabilité des systèmes de production dans un contexte de forte volatilité des marchés. Il est essentiel de favoriser une coopération étroite entre planteurs et industriels afin de développer des mécanismes contractuels capables d’atténuer les effets des fluctuations du marché. Ces politiques doivent également soutenir l’innovation et accompagner l’évolution des pratiques agricoles.
La deuxième priorité porte sur l’accès à l’eau et à l’énergie, ressources indispensables à la production. La betterave sucrière et la canne à sucre ont un rôle stratégique à jouer dans la transition énergétique, grâce à leur potentiel en matière d’énergies à faible empreinte carbone. Le développement du bioéthanol et la valorisation des coproduits constituent des leviers majeurs pour diversifier les débouchés, réduire la dépendance aux énergies fossiles et renforcer la résilience des filières. Les bénéfices qui en découlent doivent être équitablement partagés entre tous les acteurs.
Enfin, le renouvellement des générations est un enjeu central. Les jeunes agriculteurs apportent dynamisme, engagement et capacité d’innovation. Ils doivent bénéficier de politiques d’accompagnement adaptées. Dans cette perspective, les outils d’intelligence artificielle représentent une opportunité pour améliorer l’aide à la décision et renforcer la compétitivité des exploitations.
Dans un contexte mondial incertain, les producteurs de betteraves et de canne à sucre réaffirment leur détermination à construire des filières plus résilientes, plus innovantes et plus durables. Cet enjeu est essentiel non seulement pour l’avenir de nos exploitations, mais aussi pour la sécurité alimentaire, énergétique et économique des territoires que nous faisons vivre au quotidien.
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Owen Menkens est le président de l’Association mondiale des producteurs de betteraves et de canne à sucre (WABCG), qui regroupe 37 organisations membres issues de 34 pays différents. Le membre français est la CGB, qui en assure également le secrétariat.