Après plusieurs années de progression continue, les surfaces françaises de pommes de terre de conservation diminueraient de près de 10 % en 2026, selon les premières estimations réalisées par l’UNPT pour le compte du CNIPT.
L’expansion marque une pause. D’après les premières estimations établies par l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) pour le compte du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT), les surfaces françaises consacrées aux pommes de terre de conservation, destinées aussi bien au marché du frais qu’à la transformation, atteindraient 173 415 hectares en 2026. Cela représenterait une baisse de 9,7 % par rapport à 2025, soit 18 684 hectares de moins.
Ce recul intervient après plusieurs campagnes de forte progression. Selon l’UNPT et le CNIPT, « cette évolution marque une inflexion nette après plusieurs années de progression continue des surfaces ». Les organisations expliquent ce changement avant tout par les difficultés rencontrées lors de la campagne 2025-2026. Dans ce contexte, les producteurs ont revu leurs assolements à la baisse, notamment dans les bassins spécialisés dans la production destinée à l’industrie. Les surfaces destinées au marché du frais reculent également, mais de manière plus limitée.
Malgré ce repli, les Hauts-de-France conservent leur place de principal bassin français de production de pommes de terre de conservation. La région concentre toujours près de 61 % des surfaces nationales, même si les plantations y diminueraient de façon marquée. Les baisses les plus importantes sont enregistrées dans les anciens bassins : Nord–Pas-de-Calais (-12 %) et Picardie (-9 %), tandis que le Centre-Val de Loire afficherait un recul de 10 %.
Une campagne encore sous surveillance
Si les surfaces sont désormais connues avec davantage de précision, les perspectives de récolte restent encore très ouvertes. L’UNPT rappelle qu’« il demeure très prématuré de tirer des conclusions sur le potentiel des cultures ». Les implantations se sont déroulées dans de bonnes conditions et « le potentiel est apparu satisfaisant à l’issue des plantations ». En revanche, les conditions météorologiques des dernières semaines pourraient modifier la situation. Selon les organisations, « le déficit hydrique et les épisodes caniculaires extrêmes observés ces derniers jours pourraient toutefois en limiter l’expression ».
Les estimations de rendement continueront donc d’être affinées au fil de l’été grâce au suivi des parcelles réalisé par l’UNPT en partenariat avec le CNIPT, jusqu’au début des récoltes.
R.B