L’ITB, les observateurs de la filière et leurs partenaires participent chaque année au réseau de suivi biologique du territoire qui alimente le bulletin de santé du végétal (voir BF n° 1219) et les outils numériques de l’institut.

Le cœur des avertissements : des données d’observation fiables

Les outils d’aide à la décision se basent sur des comptages réalisés par des experts betteraviers, validés à l’échelle régionale puis filtrés et analysés par un algorithme. La reconnaissance des bioagresseurs et le respect des protocoles sont à la base de la protection de la culture. Comme illustré ci-dessous, les maladies foliaires ne doivent pas être confondues. Non seulement certains champignons occasionnent beaucoup plus de pertes de rendement que d’autres, mais les traitements fongicides adaptés sont différents.

Les seuils d’intervention : garants de l’efficacité des programmes

L’ITB met en place chaque année des essais dans chaque région pour évaluer la performance des produits de protection des cultures et valider les seuils d’intervention. Ce sont les mêmes seuils qui sont appliqués aux parcelles du réseau et affichés sur les cartes interactives afin de vous fournir un aperçu le plus précis possible de la pression en plaine.

Les cartes interactives : des outils d’aide à l’observation

Les mesures de terrain et les dépassements de seuil sont synthétisés sous la forme de cartes thématiques : Alerte Maladies, Alerte Charançons et Alerte Teignes. La couleur et le texte de chaque parcelle indiquent la pression mesurée actuellement au sein du réseau. Les agriculteurs et conseillers peuvent ainsi appréhender la progression du risque sur le territoire et décider d’anticiper les observations de contrôle sur leurs propres parcelles. Des détails supplémentaires sont disponibles au survol des points et permettent de mieux évaluer la situation locale.

Témoignage d’expert

Benjamin Coussy, ingénieur d’étude spécialisé entomologie à la FNAMS

La Fédération Nationale des Agriculteurs Multiplicateurs de Semences (FNAMS) est partenaire de l’ITB pour les observations de charançons et la recherche de leviers de lutte au sein des projets Ubelix et Coléofast.

Quelles sont les utilisations de la carte Alerte Charançons par la filière multiplicatrice de semences ?

Les agriculteurs et techniciens d’établissements se servent de la carte pour évaluer si, dans leur secteur, les premiers vols ont débuté et raisonner la lutte contre le ravageur.

Quels sont les principaux enseignements du projet Ubelix ?

Le projet Ubelix est un bel exemple de coordination inter-filière autour d’une espèce végétale (betteraves sucrières, potagères et portes-graines). Dans ce projet, nous avons précisé des éléments de biologie de Lixus juncii. Ainsi, une part importante des femelles arrivent après s’être déjà accouplées, ce qui réduit la pertinence d’utilisation de phéromones de confusion sexuelle.

Les études variétales ont montré que certains profils génétiques (mécanismes de défense métaboliques, morphologie des tiges, …) sont plus attaqués par le charançon que d’autres.

Toutes les combinaisons de leviers testées n’ont pas fonctionné, mais les nombreux résultats permettent d’avancer efficacement sur le sujet.

Quelles sont les pistes retenues pour être approfondies dans Coleofast ?

Les études sur la biologie continuent pour essayer de préciser les lieux d’hivernation ou encore de valider un piège permettant le monitoring des populations. L’identification de métabolites de défense des plantes est également retravaillée, toujours en partenariat avec l’équipe INRAE – IJPB de Versailles. Enfin, plusieurs solutions de lutte directe vont être combinées pour plus d’efficacité, comme les plantes de service pour détourner les insectes de la culture au centre de la parcelle, associées à d’autres nouveaux leviers : capture de masse ou utilisation de produits de biocontrôle.