Soumise à des épisodes caniculaires successifs depuis le mois de mai, la betterave attend désespérément le retour de la pluie. « Nous entrons dans un univers inconnu, l’ampleur du stress hydrique étant inédit pour la mi-juillet, explique Guillaume Boutillier, responsable du service agronomique chez Tereos. C’est le point marquant de l’année, la pluviométrie sera déterminante pour les rendements. » Certains secteurs sont particulièrement touchés par le manque d’eau, comme l’est de la région Centre, le sud de la Seine-et-Marne ou le nord de l’Yonne, où aucune pluie efficace n’est tombée depuis le 10 mai. « Ce secteur prend la canicule de plein fouet et nous craignons que la situation ne s’aggrave, car aucune pluie n’est pour l’heure prévue », témoigne Pierre Houdmon, le responsable régional ITB pour le Centre-Val de Loire, l’Île-de-France et l’Yonne.

Les betteraves les plus assoiffées sont aussi plus fragiles face aux attaques de rhizopus. Ce champignon du sol, qui profite du stress hydrique et des températures caniculaires (au-dessus de 35 °C) pour proliférer, est apparu dans les parcelles très en avance cette année – sa présence se fait d’ordinaire connaître à partir de fin août, contre début juillet cette année. « La précocité de l’apparition du rhizopus pose question », commente Pierre Houdmon. La mortalité, qui peut atteindre 1 à 10 % des plantes, est renforcée par la présence de larves de « lixus juncii » dans le collet qui affaiblissent la betterave, rappelle l’ITB. En Alsace (voir encadré), 100 % des betteraves sont ainsi touchées par le lixus. L’institut technique note également la présence de cassides.