Tout comme les pommes de terre, les betteraves accusent le coup des épisodes caniculaires qui se sont succédé depuis le printemps. Selon les représentants de la filière (AIBS, CGB, Cristal Union, Saint Louis Sucre, SNFS, Tereos), la situation est « extrêmement préoccupante ». En effet, la sécheresse et le stress hydrique ont largement enrayé, voire dans certains cas, interrompu, le développement des betteraves. Selon les observations réalisées à la mi-août, le poids racinaire serait ainsi en retrait de 18 % par apport à la moyenne des cinq dernières années (soit une perte de 10 tonnes par hectare), et le développement foliaire en baisse de plus de 50 %. Résultat : si des disparités régionales existent, la production nationale pourrait chuter de plus de 20 % par rapport à la moyenne 5 ans, préviennent les 6 organisations, dans un communiqué commun daté du 25 août.

Impact sur la durée des campagnes

A cela s’ajoute une préoccupation sanitaire, les températures extrêmes de l’été ayant favorisé la progression, dans les parcelles, des charançons, de la teigne ou du rhizopus. Par endroit, des parcelles pourraient ne pas être récoltées. « Les entreprises sucrières françaises devront faire face à un volume de betteraves nettement inférieur aux prévisions initiales, entrainant une baisse substantielle des productions de sucre, d’alcool et de bioéthanol, avec des conséquences sur l’activité industrielle et la durée des campagnes de transformation », indiquent les signataires. Face à ce constat, Alain Carré, le président de l’AIBS, plaide en faveur du renforcement de « la recherche, l’innovation, les moyens de production des cultures et le développement des capacités d’irrigation », et appelle également les pouvoirs publics « à se mobiliser afin que les exploitations les plus durement touchées puissent bénéficier de dispositifs de soutien adaptés aux conséquences exceptionnelles de la sécheresse et de la canicule ».