Lors de la présentation des résultats du groupe fin mai, le président du conseil d’administration de Tereos, Gérard Clay, avait mentionné une annonce imminente sur le sujet des carburants d’aviation durables. Moins de deux semaines plus tard, le 9 juin, un communiqué co-signé par Tereos, Airbus, Safran et l’entreprise Technip energies annonce la conclusion d’un accord pour la création d’une co-entreprise, nommée Rebound. L’objectif affiché est de produire 160 000 tonnes par an de carburants d’aviations durable (SAF). « Tereos mettra à disposition de ce projet son expertise et ses actifs industriels producteurs d’éthanol avancé, réagit Jérôme Bos, le directeur stratégie de Tereos. C’est aussi une belle illustration du développement de la bioéconomie ancrée dans les productions agricoles françaises et européennes », poursuit-il, en se félicitant de participer, avec ce projet, à « l’émergence en France de la filière Alcohol-to-Jet ». Cette dernière repose sur la conversion d’éthanol, produit à partir de résidus agricoles et forestiers, en carburant pouvant être mélangés à du kérosène conventionnels et utilisé dans les moteurs d’avion existant.
La demande en SAF multipliée par 8 d’ici 2050
Avec la conclusion de cet accord, les partenaires s’engagent, dans un premier temps, « à financer la phase de développement du projet, qui comprend les études d’ingénierie et les autres activités nécessaires pour considérer une décision finale d’investissement (FID) ». Les quatre entreprises souhaitent ainsi répondre aux obligations d’incorporation croissante de SAF – 6% en 2030 et 70 % en 2050, soit une multiplication par huit de la demande en vingt ans – , en vertu du règlement européen « ReFuelEU Aviation ». « Le projet Rebound témoigne de la confiance dans le SAF et dans la capacité de l’Europe à s’imposer comme un leader dans la décarbonation du secteur aérien », commente Julie Kitcher, directrice développement durable et communication d’Airbus.
Un site industriel a d’ores et déjà été attribué à Technip Energies, sur le port de Dunkerque pour, une fois les permis obtenus, y construire l’usine. La création de la coentreprise devrait être finalisée dans le courant du second semestre 2026.