Les acteurs des filières blé, maïs, betteraves, oléoprotéagineux et pommes de terre dénoncent une crise structurelle, liée à des politiques agricoles nationales et européennes sans vision ni cohérence et appellent l’ensemble de la classe politique à l’urgence d’agir.

« Sans action rapide et décisive, c’est un pan entier de l’agriculture française qui menace de s’effondrer, avec des conséquences dramatiques pour l’emploi rural, l’économie nationale mais surtout la sécurité agricole et alimentaire du pays », alertent les présidents de l’AGPB, l’AGPM, la CGB, la FOP et l’UNPT, alors que le Salon International de l’Agriculture ouvrira ses portes samedi 21 février.

L’effondrement économique des 5 filières s’illustre avec des chiffres édifiants :

– Des revenus négatifs, trois années consécutives, pour les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux, les pires résultats toutes filières agricoles confondues ;

– Une baisse de rendement à l’hectare inquiétante : -40 % pour les pois protéagineux, -6 % pour la betterave sucrière et -14 % pour la pomme de terre sur quinze ans ;

– Des surfaces cultivées qui baissent drastiquement : -900 000 hectares de céréales à paille et -500 000 hectares de maïs ces dix dernières années. L’Europe, autrefois autosuffisante, importe désormais 25 % de ses besoins en maïs ;

– Quant aux coûts de production ils ont explosé de 30 % à 45 % en cinq ans, alors même que les aides PAC à l’hectare ont été divisées par 2 ces vingt dernières années (en euros constants). L’aide moyenne à l’exploitation betteravière est passée de 512 € par hectare en 2008 à 266 € en 2023.

Pour les 5 associations spécialisées de la FNSEA, il y a urgence à agir « à la racine des maux structurels » qui fragilisent les agriculteurs et leur capacité à produire, entreprendre, innover et à s’adapter. Elles appellent l’ensemble de la classe politique à entendre leurs demandes et s’emparer de leurs propositions.

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