Le syndicat avait déjà évoqué sa volonté de peser sur l’élection présidentielle de 2027. Un an avant cette échéance, la FNSEA a présenté à la presse, le 15 avril, son rapport d’orientation 2026, rédigé spécifiquement à l’attention des candidats à l’Élysée. Fruit d’une large consultation des différents échelons du réseau (fédérations départementales et régionales, associations spécialisées, …), le document, adopté en congrès début avril à Caen, liste une série mesures devant « assurer un changement de logiciel, explique Yohann Barbe, vice-président du syndicat. Ce rapport a été écrit dans un moment de grande instabilité politique, nous voulons nous saisir de l’échéance de la présidentielle pour porter nos ambitions en plus haut lieu. »

De grandes attentes sur les 100 premiers jours

Quatre mesures, jugées « incontournables » par le syndicat, et relevant de la prérogative du président de la République, ouvrent ce rapport. Pour « consolider le rôle stratégique de l’agriculture », la FNSEA proposer de créer une « Direction générale de la Souveraineté alimentaire », au sein du ministère de l’Agriculture. Le syndicat se prononce également en faveur d’une réforme constitutionnelle, pour « insérer un droit à l’approvisionnement alimentaire » et supprimer le principe de précaution, pour lui substituer un principe d’innovation. La FNSEA attend enfin que le futur président apporte un « soutien politique clair et sans ambigüité sur le fait que produire en agriculture est une solution incontournable pour l’avenir de notre pays », et qu’il défende les intérêts agricoles à l’échelon européen. « Nous voulons un engagement fort sur les cent premiers jours », appelle Yohann Barbe.

Créer un prix d’équilibre

La seconde partie du rapport d’orientation liste une dizaine de mesures pour l’agriculture de demain, articulées autour des enjeux de l’accompagnement, de la revalorisation du métier d’agriculteur et de la rentabilité. Sur ce sujet, la FNSEA plaide en faveur de la mise en place d’un prix d’équilibre, qui inclurait les coûts de production directs et indirects, la rémunération de l’exploitant et sa capacité à innover. Cet « outil de négociation » n’est pas un prix minimum, explique le syndicat, mais « un indicateur économique » pouvant varier, en fonction de l’évolution de ses différentes composantes. « Nous laissons la charge à chaque filière de s’emparer de ce sujet ou pas », glisse Yohann Barbe.

Le bureau renouvelé

Le 16 avril, le conseil d’administration de la FNSEA a renouvelé le mandat de président d’Arnaud Rousseau pour trois ans. Hervé Lapie demeure également le secrétaire général.