« Au nom de l’ensemble des représentants de la filière betterave-sucre française, planteurs et industriels, j’appelle les sénateurs à mettre fin à une distorsion de concurrence particulièrement pénalisante en soutenant la réintroduction de l’acétamipride et de la flupyradifurone dans un cadre dérogatoire. Cette mesure est indispensable pour préserver la production de betterave et garantir l’équilibre économique de nos usines », déclare le président de l’AIBS, Alain Carré, dans un communiqué daté du 23 juin.
L’Association Interprofessionnelle de la Betterave et du Sucre (AIBS) fédère l’ensemble des acteurs de la filière betterave-sucre. Cette filière regroupe environ 23 000 planteurs de betteraves, trois groupes industriels (Cristal Union, Tereos et Saint Louis Sucre) et 19 sucreries.
Cet appel est lancé alors que le Sénat examine le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, après qu’il a été adopté à l’Assemblée nationale début juin.
Aucune solution économiquement viable
La filière betterave-sucre explique que les travaux menés dans le cadre du Plan national de recherche et d’innovation (PNRI), ainsi que le rapport de l’Inrae remis au gouvernement en octobre 2025, montrent qu’aucune solution à la fois pleinement opérationnelle et économiquement viable n’est aujourd’hui disponible.
Cette année, face à des infestations précoces et généralisées, les solutions chimiques ont une nouvelle fois montré leurs limites : malgré jusqu’à cinq interventions dans certaines exploitations, des foyers de jaunisse persistent, faisant peser un risque important sur les rendements et la récolte des parcelles concernées.
Alain Carré ajoute : « Il en va de notre souveraineté alimentaire et énergétique, mais aussi du maintien d’une filière stratégique pour nos territoires. Face à une menace durable, l’inaction n’est pas envisageable. Fournir aux agriculteurs des outils adaptés de manière transitoire et encadrée dans l’attente de solutions efficaces et durables, est indispensable pour sécuriser la production et accompagner la transition agricole dans des conditions réalistes. »
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