mardi 18 septembre 2018
Remous autour de l’exclusion de trois betteraviers de Tereos ©Tereos/Jacques Grison

Remous autour de l’exclusion de trois betteraviers de Tereos

Les remous au sein du groupe Tereos ont constitué un véritable feuilleton tout au long de l’été. Le dernier en date est l’exclusion, le 16 août, de trois anciens membres du Conseil de Surveillance.

Trois anciens membres du Conseil de Surveillance du groupe Tereos - Gilles Bollé, Gérard Clay et Xavier Laude – ont fait l’objet d’une procédure d’exclusion « pour avoir mené une campagne de diffusion d’informations fausses ou mensongères, systématique et publique », explique le groupe coopératif dans un communiqué daté du 16 août.

Une décision que la CGB a déploré dans un communiqué daté du 20 août. « Au-delà de l’injuste déstabilisation des exploitations concernées, cette décision met en péril les conditions de dialogue et le pluralisme des opinions au sein de la filière », estime le syndicat de planteurs.

Si la CGB rappelle son devoir de neutralité quant aux orientations et décisions internes de gestion des groupes sucriers, elle estime que « cette exclusion pose les questions de la garantie du pluralisme des opinions, de la possibilité des responsables agricoles à partager des visions pouvant être divergentes et au-delà de la relation entre un betteravier et son groupe sucrier ».

Le syndicat apporte son soutien à Gilles Bollé, Gérard Clay et Xavier Laude, « alors que rien ne leur a jamais été reproché en tant que producteur de betteraves », et annonce qu’il mettra « tout en œuvre pour les assister et rétablir leurs droits en tant que betteravier. »

Les hostilités ont commencé le 9 juillet, quand 5 membres du Conseil de Surveillance et 70 conseillers de régions représentant les sucreries d’Attin, Lillers, Chevrières, Boiry et Escaudoeuvres, ont démissionné. Ces 5 usines représentent 7 500 des 12 000 coopérateurs de Tereos. Très vite les trois leaders - Gérard Clay, Gilles Bollé et Xavier Laude - ont expliqué leurs positions dans la presse, ce qui a conduit Tereos à répliquer par les voix de son président, François Leroux, et d’autres membres du Conseil de Surveillance du groupe coopératif.

Les élus démissionnaires dénoncent une « gouvernance défaillante », demandent plus de transparence sur la gestion, et estiment que les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements effectués, comparés aux autres groupes sucriers européens.

De son côté, le président de Tereos dénonce « une campagne de dénigrement public à partir d’informations fausses et trompeuses en portant atteinte à la réputation du groupe et aux intérêts des coopérateurs en voulant faire croire que le groupe ferait face à une situation financière difficile, ce qui est faux, ou en déformant publiquement la réalité des débats internes ayant eu lieu et des décisions prises par la coopérative. » Et il précise que « les fondamentaux économiques et financiers de Tereos, qui est devenu cette année le deuxième groupe sucrier mondial, sont solides et résilients ». Tereos rappelle aussi que son résultat net avant distribution de complément de prix était positif de 24 M€.

Le Conseil de Surveillance de Tereos, qui comptait jusqu’ici 22 membres, est désormais aujourd’hui composé de 15 membres « qui représentent toutes les régions et toutes les cultures », selon François Leroux. La tenue de nouvelles élections est annoncée en juin 2019. D’ici-là, cette affaire qui est désormais sur la place publique n’a sans doute pas fini de faire des vagues.

F.-X. D.

Le Betteravier français, le journal de référence des planteurs depuis 1952, qui décrypte l'actualité de la filière betterave-sucre et des grandes cultures avec ses 18 numéros et ses 2 cahiers spéciaux par an.