vendredi 26 avril 2019
L'industrie agroalimentaire se redresse lentement

L'industrie agroalimentaire se redresse lentement

Les entreprises de l’agroalimentaire espèrent que la loi issue des États généraux de l’alimentation permettra de réduire la pression des distributeurs sur l’amont des filières.

La santé de l’industrie agroalimentaire s’améliore, mais moins vite que le reste de l’industrie française. Le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 3,9 % en 2017, à 180 Md€, alors que celui des industries tricolores a bondi de 5,8 %, selon l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania). « Cette évolution provient notamment de l’export qui a progressé de 4 % en 2017, à 7,6 Md€, mais aussi de la hausse des prix des matières premières (+ 12 %) », a expliqué Jean-Philippe Girard, le président de l’Ania. Pour lui, cette différence entre l’agroalimentaire et l’industrie française provient de la guerre des prix que se livrent les 4 principales centrales de la grande distribution en France, qui « pénalise les marges des industriels et des agriculteurs ».

50 centimes de hausse des prix

« Les prix en grandes surfaces ont reculé de 0,1 % en 2017, alors que les autres secteurs industriels ont bénéficié d’une inflation de 1 % en moyenne », a souligné Jean-Philippe Girard. Le taux de marge des entreprises alimentaires a chuté de 6 points en dix ans, selon l’Ania, notamment depuis la mise en place de la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008. Conséquences : les investissements et la compétitivité de l’industrie agroalimentaire française ont décroché par rapport à nos voisins européens, pointe l’association. Les Pays-Bas ont ravi à la France la place de troisième exportateur mondial agroalimentaire. Jean-Philippe Girard espère que la prochaine loi issue des États généraux de l’alimentation (EGA) pourra relâcher la pression sur les industriels et les agriculteurs. L’Ania estime que le relèvement du seuil de revente à perte des enseignes ne devrait coûter que 50 centimes par mois et par consommateur. « Ça vaut le coup pour sauver nos filières », insiste le président de l’Ania.

Adrien Cahuzac

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